7 Février 2018

Burundi: Antonio Guterres critique le régime

Photo: HCR/Jean-Marc Ferré
Antonio Guterres, Haut commissaire des Nations Unies pour les réfugiés

Le secrétaire général des Nations unies a déploré, le 6 février, le fait que les autorités du pays veulent à tout prix procéder à la réforme de la Constitution sans associer l'opposition.

Dans un rapport remis aux quinze membres du Conseil de sécurité, le chef de l'ONU a dénoncé « la volonté persistante » de Bujumbura à réformer la loi fondamentale sans tenir compte de l'avis de l'opposition. « Le gouvernement continue de chercher des amendements constitutionnels qui exacerbent les tensions avec l'opposition », relève-t-il. Ce processus « requiert un environnement politique et sécuritaire qui permette la confiance de tous les acteurs politiques », insiste Antonio Guterres.

Pour le secrétaire général de l'ONU, le Burundi a, certes, « un droit souverain » à amender la Constitution, mais ses autorités ne doivent pas oublier que d'autres Burundais ont un mot à dire sur la vie politique du pays. « Je pense fermement qu'un processus aussi important doit être conduit d'une manière inclusive, afin d'obtenir une participation et un consensus les plus larges possibles parmi les acteurs clés de la vie politique », souligne-t-il dans ses recommandations.

Il n'a pas caché son inquiétude sur l'avenir du Burundi. « Plusieurs changements proposés à la Constitution ont été mis en cause par l'opposition comme des tentatives par le parti au pouvoir de consolider son empire, pouvant créer des troubles », a redouté le secrétaire général.

Réagissant aux conclusions de ce rapport, l'ambassadeur du Burundi à l'ONU, Albert Shingiro, a dit qu'il s'agit d'un texte « scandaleux et politiquement orienté ». Il a estimé que tout document du secrétaire général « qui commente ou critique le projet de révision de la Constitution du Burundi est une violation flagrante du principe du respect de la souveraineté nationale consacré par la Charte de l'ONU ».

Rappelons que le Burundi connaît une grave crise politique, née fin avril 2015 de la volonté de l'actuel chef de l'Etat, Pierre Nkurunziza, de briguer un troisième mandat présidentiel. Il avait été réélu deux mois plus tard mais entend, une nouvelle fois, être candidat à sa propre succession en 2020. Un référendum prévu en mai propose une révision de la Constitution qui lui permettrait de revenir au pouvoir.

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