8 Février 2018

Cameroun: Conseil constitutionnel - Tous des hommes du sérail.

Dans la logique de la mise en place des institutions et, au cours de cette année électorale, Paul Biya, président de la République, vient, par trois décrets nommer les membres du conseil constitutionnel, organiser le secrétariat de cet organe aussi bien que la convocation du corps électoral en vu des sénatoriales.

Il a fallu du temps, 22 ans exactement après la constitution de 1996 qui stipule la mise en place d'un conseil constitutionnel. Le bouleversement tant attendu n'a pas eu lieu. Et puis surtout, ils ne sont pas sortis de la cuisse de Jupiter. Ils sont tous des hommes du sérail, des caciques du pouvoir qui pour la plupart se la coulait douce. Du coup, l'opinion publique est tiraillée par la nomination de ces premiers 11 membres du conseil constitutionnel de l'histoire du Cameroun. Que faut-il attendre de ces pontes du régime, tous ou presque atteints par la limite de l'âge ? Des hommes aux états de service en faveur du renouveau de Paul Biya visibles et palpables ? Ces hommes et femmes, les désormais « 11 sages de la république » chargés de veiller à la régularité des élections auront-ils les coudées franches pour la mise en place d'une « République exemplaire » ? Rien n'est moins sur.

En commençant par Clément Atangana, magistrat hors hiérarchie à la retraite qui, il faut le souligner a été Président de la commission nationale de recensement général des votes pour les élections législatives et pour l'élection présidentielle depuis 1997. On connait les controversée « commission Atangana » dans le recensement des votes au cours des législatives et surtout des présidentielles 1997, 2004 et 2011. Des états de services chaque fois dénoncés par les candidats de l'opposition à ces différentes échéances électorales. A Yaoundé, on confesse que c'est un magistrat rompu à la tache qui, sans aucun doute vient d'être reconnu pour des services rendus.

Ils ont tous bourlingués dans les hautes sphères de l'administration et de la justice du pays. Dans un pays miné par la corruption et/ou la fraude électorale a fait son lit, pourrait-on leur accorder le bénéfice du doute ? Ils ne sont pas passés par les mailles de l'opération épervier, du nom de la campagne d'assainissement des mœurs publiques qui jette aux poubelles de l'histoire tous les prévaricateurs de la fortune publique. Et, pour reprendre l'expression consacrée au Cameroun, ils ont servi avec « loyauté le président ». Anciens ministres, magistrats, universitaires de haut vol, ils ont le profil de l'emploi. Autant d'atouts, ajoutés à une forte expérience glanée ca et là par ces hommes et femmes dont la moyenne d'âge oscille entre 65 et 70 ans, devraient contribuer à la consolidation d'un Etat de droit.

Cameroun

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