10 Février 2018

Cote d'Ivoire: Yao Jules, membre de l'ONG « diaspora pour la réconciliation et la paix » - « Pourquoi de paris, on viendra sillonner 15 villes de la côte d'ivoire »

interview

Jules Yao est un membre de la diaspora pour la réconciliation et la paix. Il vit à Paris. Venu à Abidjan pour parler de réconciliation, il s'explique dans cette interview.

Vous êtes à Abidjan, dans le cadre d'une initiative en faveur de la réconciliation nationale; pouvez-vous nous en dire plus ?

Il ne faut qu'il n'y ait pas trop de méfiance, et il faut que la réconciliation se fasse. Nous sommes venus à Abidjan pour demander pardon à tous nos parents sur le terrain pour qu'ils se pardonnent. Afin qu'ensemble on essaie de reconstruire la Côte d'Ivoire. Donc voilà un peu pourquoi nous sommes là. Je profite de votre tribune pour lancer cet appel.

Comment cette initiative de la diaspora pour réconcilier les ivoiriens et les ivoiriennes, est-elle née ?

Pendant la crise, on a pensé que les choses allaient se régler facilement. Mais aujourd'hui en 2018, on remarque qu'il y a toujours de la méfiance malgré tout ce qui a été mis en place. Alors nous les membres de la diaspora, jusqu'à présent, chacun a dû se prononcer sur la situation à titre personnel ou à titre politique. Je signale que nous sommes une organisation non gouvernementale et que parmi nous chacun a son choix politique et puis il y'en a qui sont totalement apolitiques. Mais, nous sommes ensemble pour demander pardon à toute la population ivoirienne, à tous ceux qui ont souffert de cette crise, même à tous ceux qui n'ont pas assisté aux crises mais qui, de loin ont été touchés afin que nous partions pour une réconciliation vraie ; pour qu'ensemble nous puissions reconstruire notre pays. Voilà ce qui nous a motivés en octobre 2016. Nous sommes un groupe d'amis. Nous avons remarqué que le frère Franck Lutté était disponible pour venir tâter sur le terrain. Donc, on l'a mandaté pour qu'il vienne voir sur le terrain ce qu'il faut pour que nous puissions venir en appui à ce qui a déjà été fait. Il nous a rendu compte et nous nous sommes regroupés pour venir sur le terrain, venir en Côte d'Ivoire pour essayer de mettre en place le processus du pardon. Voilà notre présence ici à Abidjan.

Qu'a déjà pu faire la diaspora au niveau de la France avant de venir en Côte d'Ivoire ?

La diaspora ivoirienne en France comme vous savez, comme toutes les diasporas d'ailleurs, soutient le pays socialement ainsi que la population. Concrètement, il n'y a pas eu d'actions dans le sens de réconciliation et de pardon parce que nous mettons toujours le pardon avant la réconciliation. Nous sommes venus demander profondément pardon. Notre leitmotiv, c'est de demander pardon à toute la population ivoirienne pour tout ce qui s'est passé. On n'a pas dit d'oublier, mais on peut se pardonner pour essayer de reconstruire notre nation. Voilà ce que la diaspora propose de faire aujourd'hui. De façon esseulée, les gens ont essayé des actions. Mais, on dit que l'union fait la force et l'ONG diaspora pour le pardon, la réconciliation et la paix va regrouper tous les gens de bonne volonté qui veulent soutenir ce mouvement afin que nous ayons réellement une paix vraie et totale.

Quand le processus de réconciliation initié va-t-il commencer réellement ?

Écoutez , nous avons pris bonne note de tout ce qui a été répertorié comme grief pendant le séjour de M. Franck Lutté qui d'ailleurs au passage, je précise, a été élu à l'unanimité président de cette ONG. Maintenant pour le démarrage, on compte le faire à Paris parce que Paris est notre base. On connaît les liens qu'il y'a entre les Ivoiriens et la France. Donc, on va démarrer à Paris cette flamme du pardon. On va faire une conférence à Paris pour regrouper tous ceux qui sont motivés par l'intérêt à venir en Côte d'Ivoire pour nous aider à propulser ce leitmotiv. Alors, de Paris, on viendra sillonner 15 villes de la Côte d'Ivoire. Mais, au préalable, nous sommes ici sur le terrain pour rencontrer les autorités politiques et traditionnelles de la Côte d'Ivoire parce que comme je l'ai souligné nous sommes totalement apolitiques. Donc, nous irons vers le RDR, le FPI, le PDCI , prendre des rendez-vous avec les responsables de ces partis afin de demander leur soutien. Il s'agit, de leur soutien afin que nos démarches puissent se passer dans de bonnes conditions. Voici en gros le déroulé de nos actions.

Ne pensez-vous pas que des pro-Gbagbo diront que vous êtes des vendus, des achetés ?

Ceux qui me connaissent en France ou ailleurs, dans le monde - parce que j'ai vécu aux États-Unis - savent que je ne suis pas un homme à acheter. Je ne suis d'aucun parti politique. Je suis moi-même. Je suis moi-même à la base, un commerçant, et mes activités font que je n'ai pas vraiment le temps de faire la politique. Je vous ai dit tout à l'heure que, nous sommes venus par nos propres moyens et nous séjournons en Côte d'Ivoire avec nos propres moyens. À ma connaissance, personne n'a été approché ou acheté par une quelconque autorité. Nous le faisons parce que nous en avons sérieusement envie, parce que nous sommes fatigués. Nous voulons rentrer dans notre pays. Parmi ceux qui sont à la retraite actuellement, il y en a qui ont des investissements ici, et il y en a qui y ont même leurs familles . C'est mon cas. J'ai mes enfants ici. Je ne peux pas vivre en France et mes enfants de l'autre côté. Voici ce qui nous anime. Nous n'avons pas été vendus. Nous ne pouvons pas être vendus. Et nous allons approcher tous les partis politiques. Nous n'allons pas uniquement vers le Pdci. Nous allons partir aussi vers le Fpi, le Pit vers tous les mouvements politiques. Il y a tout cet éclatement politique. On trouve un peu de tout dans notre organisation. Donc, nous ne pouvons pas être des vendus et nous ne pensons même pas à cela.

Votre Ong est- t-elle de droit français ou ivoirien

C'était un préalable. Nous nous sommes rencontrés de façon informelle dans un premier temps à Paris. À Paris, nous n'avons pas constitué d'Ong. L'Ong a été constituée ici en Côte d'Ivoire. Ce n'est pas une Ong parisienne. Elle est de droit ivoirien, donc constituée en Côte d'Ivoire auprès du ministère de l'Intérieur de la Côte d'Ivoire. Ce n'est pas une institution française, c'est une Ong ivoirienne.

Combien de membres revendique votre Ong ?

Les membres-fondateurs sont 15. Les sympathisants atteignent les 200 personnes. Mais, tous les jours, nous avons les demandes d'adhésion qui nous parviennent à travers notre page Facebook qui est « Diaspora pour la réconciliation et la paix ». Mais comme c'est une affaire de diaspora, nous ne pourrons pas parler de nombre de personnes. C'est éclaté, ce sont tous les Ivoiriens qui vivent dans tous les pays du monde. Donc imaginez-vous, il est très difficile de chiffrer aujourd'hui. Très prochainement, nous vous dirons combien de membres nous revendiquons. Pour l'heure, c'est le lancement.

Quelles sont les villes que vous allez visiter en Côte d'Ivoire ?

Pour le moment, je préfère ne pas en parler, parce que nous ne voulons pas rater quelque chose. Après avoir vu toutes les autorités traditionnelles et politiques de la place, nous pourrons visiter les villes, et cela avec leur accord . Mais pour le moment nous ne pouvons pas dire qu'on va à droite ou à gauche, dans telle ville ou dans tel village.

Avez-vous un appel à lancer ?

Mon appel est celui de tous les membres de la diaspora. Nous lançons un appel à tous ceux qui sont épris de paix qui ont envie de voir leurs pays se développer, à tous ceux qui n'ont jamais voulu que cela arrive dans ce pays, de nous rejoindre. Ce n'est pas un débat politique, ce n'est pas un débat d'idées. Nous ne sommes pas là pour décider de qui est dans le vrai et qui est dans le faux. Nous sommes tous les enfants de ce pays. Et ensemble nous revenons pour bâtir notre pays.

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