12 Février 2018

Congo-Kinshasa: Un scandale en perspective - OGEFREM - Frabemar veut se maintenir à travers Agenzia Genovese !

Des manœuvres dilatoires seraient en cours à l'OGEFREM pour faire revenir le scandaleux Frabemar qui a été poursuivi dans son pays d'origine pour corruption, incivisme fiscal et détournements des deniers publics. Frabemar, agence maritime de courtage, propriété de Monsieur Franco Bernardini, a conclu en 2009 un contrat avec l'OGEFREM pour le représenter dans différents ports dans le monde.

Selon ce contrat, Ogefrem a confié à FRABEMAR le soin de fournir à toutes les marchandises à destination de la RDC une fiche électronique de renseignement à l'importation (Feri) contre le paiement d'une taxe. Malheureusement, cet argent n'arrivait pas dans les caisses de l'entreprise congolaise, mais plutôt dans les poches de quelques individus dont un ancien mandataire de cette entreprise qui l'avait quittée pour aller aux législatives de 2011. Il a été découvert le pot-aux-roses. Corruption, détournements de deniers publics et non-conformité au fisc. L'OGEFREM a été accusé de détourner plus de six millions de dollars américains, montant de la TVA payée par ses différents partenaires ainsi que l'impôt professionnel sur le revenu.

Les autorités congolaises, par le truchement du Ministère des Finances, n'avaient pas tardé à mener des investigations sur le cas FRABEMAR. Suite à celles-ci, des poursuites judiciaires ont été engagées et le contrat de FRABEMAR est en voie d'être résilié.

C'est un contrat mafieux, dans le seul but de détourner des millions de dollars américains au détriment de l'Ogefrem, avec la complicité de ses propres dirigeants.

Pire, les indices sérieux de corruption et de non-respect des règles de passation de marchés publics sans aucun appel d'Offres public ont été décelés. Ce contrat s'est conclu de gré à gré, totalement en défaveur de l'Ogefrem, au détriment d'un autre concurrent belge. Cette firme italienne a fini par prouver son caractère mafieux. Sentant venir la résiliation du contrat en cours, Frabemar veut rentrer par des moyens détournés. Il déploie des méthodes déloyales pour se repositionner à travers un autre de ses bras, la firme Angezia Genovese, qui est une firme sœur à Frabemar pour signer le nouveau contrat avec l'OGEFREM.

Et pourtant, ce qui devrait être fait, c'est de lancer un appel d'offre international, conformément aux dispositions légales en matière de passation des marchés, en toute transparence pour que ce contrat soit signé. Comment vouloir accréditer Angezia Genovese qui n'a aucune expérience en la matière. C'est Frabemar qui va rentrer et qui va offrir son expérience et son expertise à travers Angezia Genovese, qui est une de ses branches. C'est ce qui fait craindre certains analystes qui voient à travers le retour de ce maffieux, qui a été même poursuivi en Italie par la justice de son pays qui avait conclu à la fermeture de certains comptes qui se sont avérés appartenir à un ancien mandataire de l'Ogefrem.

Arrivé au Mali, Frabemar a tenté de recourir aux mêmes méthodes. Il s'est appuyé sur la famille présidentielle pour opérer comme en RDC. La presse malienne l'a dénoncé. Le Journal Le Malien s'était étonné de la précipitation avec laquelle, le Président du Conseil Malien des Chargeurs, CMC, l'équivalent de l'Ogefrem au Mali, a procédé à la signature du contrat avec Frabemar. "Et un dirigeant sérieux (Ndlr : Président Ousmane Babalaye Daou du CMC), qui gère une structure aussi importante que le Conseil Malien des Chargeurs n'aurait jamais dû traiter de la sorte avec une telle société, s'il est encore soucieux de la préservation des intérêts du Mali, en général, et du CMC en particulier", s'était plaint le confrère Le Malien, tout en recommandant au Président Ousmane Babalaye Daou, de tirer la leçon du camouflet subi par FRABEMAR en RDC, comme ses déboires avec la justice de son pays.

Quant aux autorités maliennes, elles auraient, à leur tour, dû mener ou ouvrir des enquêtes. Car, il est encore question d'argent public.

Au sommet de l'Etat, cela semble le dernier des soucis. Trois rapports de contrôles sur la gestion de l'actuel bureau du CMC n'ont pas connu de suites. Du bureau du Vérificateur Général à l'Inspection du Ministère de l'Equipement, du Désenclavement et des Transports, en passant par la Cellule de Contrôle des Services d'Etat, des investigations ont été menées depuis longtemps. Selon des indiscrétions, le Ministre de tutelle aurait simplement adressé une correspondance au patron du CMC. Sans suite également.

Serait-ce du mépris pour la chose publique ? Une correspondance d'un Ministre ne mériterait-elle pas une réponse? N'est-ce pas là un manque de respect? S'était interrogé notre confrère avant de conclure qu'il semblerait que le patron du CMC bénéficierait du soutien de la famille présidentielle. Le nom du Député Karim Kéïta, fils du Chef de l'Etat, avait été cité dans les nouvelles «amitiés» du boss. Difficile de trop y croire.

De même qu'au Mali, on a eu difficile à accepter cette firme et qu'il s'est révélé des tentatives de trafic d'influence, il serait logique de tout faire pour qu'elle ne revienne pas, même à travers sa branche qui se cache à travers Angezia Genovese.

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