13 Février 2018

Afrique de l'Ouest: Forum du Parlement de la CEDEAO sur la migration et la libre circulation des personnes et des biens - Macky Sall pour un espace communautaire sans tracasseries

Crédit photo : Présidence de la République du Sénégal

A l'ouverture du forum de la quatrième législature du parlement de la Cedeao, axé sur la libre circulation dans l'espace Cedeao, la problématique de la migration et qui se tient à Dakar du 12 au 15 février, le président Macky Sall a indiqué que le droit légitime de libre circulation doit donc désormais cohabiter avec l'impératif de contrôle sécuritaire. Cela, au regard des activités des groupes terroristes qui affectent les pays de notre espace communautaire.

Venu présider la cérémonie d'ouverture du forum de la quatrième législature du parlement de la Cedeao, le président de la République, Macky sall, a souligné l'idéal vers lequel La Cedeao doit tendre. «La Cedeao des peuples qui soit un espace sans rigidité frontalière, un espace sans tracasserie aucune pour le citoyen qui se déplace d'un pays à un autre et sans perception indue sur le commerce des biens et des services », a-t-il déclaré devant les parlementaires de la Cedeao.

Le président Sall a souligné que le cadre normatif et les instruments qui sous-tendent cet idéal sont avant-gardistes. « Aussi bien sur le continent que par rapport à d'autres régions du monde, certaines de nos pratiques hélas le sont moins. Il faut le regretter. Si nos acquis sont indéniables, nombreux sont les obstacles qui se dressent sur le chemin de l'intégration ouest africaine. Il en est ainsi des barrières non tarifaires hélas, des tracasseries aux frontières et le long des corridors et les perceptions indues », a-t-il regretté.

Le chef de l'Etat a estimé que ces pratiques anormales constituent non seulement des désagréments injustifiés au détriment des citoyens mais aussi un frein aux échanges entre nos pays. «Quand quelqu'un se présente en règle devant un poste frontalier, il n'est pas normal, il n'est pas acceptable qu'un agent parce qu'il est dépositaire d'une parcelle d'autorité exige l'accomplissement d'une formalité non requise, ou exige le paiement d'une somme indue sous peine de retarder son voyage, de décharger sa marchandise ou de lui appliquer une sanction illégale », a-t-il souligné.

Selon le chef de l'Etat, toutes ces mauvaises pratiques doivent être bannies de l'espace communautaire. « Nous ne pouvons pas seulement nous contenter de les constater et de les dénoncer, il nous faut les prévenir et les sanctionner comme il se doit », a-t-il exhorté.

Macky Sall a souligné que la rencontre porte sur des questions majeures au sein de l'espace communautaire et dans ses rapports avec l'extérieur. « Nous sommes interpellés parce que la finalité ultime de l'intégration ce n'est pas seulement de générer des textes et de susciter un sentiment non satisfait de vie communautaire, la finalité de l'intégration, c'est aussi et surtout de faire en sorte que ces textes soient appliqués de manière à ce que chaque citoyen se sente effectivement chez lui partout dans l'espace communautaire», a dit M. Sall.

Amadou DIOP

« ALLIER LIBRE CIRCULATION ET CONTRÔLE SÉCURITAIRE »

Abordant la migration, le chef de l'Etat a indiqué que c'est une question complexe en raison des activités des groupes terroristes qui affectent les pays de la Cedeao. «L'on sait que pour préparer et exécuter leurs basses besognes, ces groupes se fondent souvent dans la population. Il est difficile de les distinguer à priori du citoyen paisible qui vaque à ses occupations », a-t-il déploré.

Pour le chef de l'Etat, « le droit légitime de libre circulation doit donc désormais cohabiter avec l'impératif de contrôle sécuritaire, tout aussi fondamental ». « Il faut que la communauté applique ses normes, ses lois, la libre circulation des personnes et des biens, des capitaux, des services, sans entrave.

Mais au moment où les citoyens circulent sans passeport parce qu'ils ont la liberté de circuler, nous avons en face de nous un nouveau phénomène qu'est le terrorisme et le radicalisme. Il faut donc qu'il y ait un impératif de sécurité», a défendu le président Macky Sall.

Comment alors concilier ces deux exigences? En réponse, Macky Sall a fait comprendre que l'une des réponses réside, sans doute, dans une meilleure collaboration des services de renseignements, les services frontaliers et de contrôle.

«C'est un travail de professionnel qui, pour être efficace, ne peut s'accommoder de débat public. Il convient de laisser aux spécialistes le soin d'approfondir et de mettre en œuvre ce qu'il faut pour atténuer le risque sur nos populations », a affirmé le chef de l'Etat.

Mais, a-t-il poursuivi, « il nous revient, comme pouvoirs publics, de créer les conditions d'une bonne collaboration de nos services et l'application, par tous les Etats-membres, de la décision instaurant la carte d'identité biométrique communautaire devrait nous y aider en ce sens que cette carte offre un système de données harmonisées.

Elle devrait, également, par conséquent, faciliter un meilleur contrôle des mouvements des populations à l'intérieur de nos frontières». «Dans ce nouveau contexte, nos services et nos concitoyens devraient faire preuve d'esprit de collaboration conciliant le droit de libre circulation et l'impératif de sécurité», a ajouté le chef de l'Etat.

LE CHEF DE L'ETAT SUR L'EMIGRATION : « LA VOCATION DE L'AFRIQUE EST DE RETENIR SA JEUNESSE »

Pour la gestion des flux migratoires et de la lutte contre la migration clandestine, le président Macky Sall a dit que la vocation de l'Afrique n'est pas de rester sans réagir.

« La vocation de l'Afrique est de retenir sa jeunesse autant que possible sur le continent africain et de lui permettre d'assurer sa pleine participation au processus de développement du continent », a affirmé le président Sall.

«Ensuite, avec nos partenaires, nous allons essayer de lever les barrières pour qu'une migration normale et saine, respectueuse des droits de l'homme et qui permet les échanges entre les peuples puisse se passer normalement entre l'Afrique et l'Europe, entre l'Afrique et les Usa, entre l'Afrique et l"Asie », a plaidé le chef de l'Etat.

Selon le président Sall, « le défi majeur des pays africains est de démanteler les réseaux criminels et de trafic d'êtres humains ».

« Démanteler ces réseaux certes, mais également notre responsabilité première c'est de nous attaquer aux causes de la migration clandestine par l'éveil des consciences collectives, par l'éducation, par la formation et la création de conditions qui motivent nos jeunes à s'investir et réussir dans leurs propres pays, leurs propres communautés », a-t-il suggéré.

Macky Sall a dit que contrairement à certaines idées reçues, la migration intra-africaine est de loin plus importante que le flux migratoire hors Afrique. «C'est important à souligner. Il est vrai qu'elle est moins spectaculaire, et donc moins exposée à la médiatisation.

Toutefois, nous ne pouvons nier l'ampleur du phénomène de la migration clandestine avec son corollaire. Il y a une problématique majeure que nous devons engager avec nos partenaires de l'Europe. On ne peut pas arrêter la migration.

Toutefois, on ne peut pas non plus être complice de la migration clandestine animée par des réseaux criminels qui font aujourd'hui que des vagues arrivent sans fin sur le territoire européen», a-t-il insisté.

MOUSTAPHA CISSE LO, PRESIDENT DU PARLEMENT DE LA CEDEAO : « APPRÉHENDER LA QUESTION MIGRATOIRE COMME UN PHÉNOMÈNE HUMAIN »

Le président du parlement de la Cedeao, Moustapha Cissé Lo, a soutenu que tant que la question migratoire n'est pas appréhendée comme un phénomène humain et que la migration n'est pas traitée comme un atout pour le progrès de l'humanité, les solutions manqueront de pertinence faute de durabilité et de gestion globale.

«La gestion de la migration vers l'Europe doit être au cœur des relations entre les deux continents», a dit le président.

Moustapha Cissé Lô a ainsi appelé les dirigeants de l'espace Cedeao à une gestion inclusive de la crise migratoire qui, pour lui, est transversale à beaucoup de secteurs.

MARCEL ALAIN DA SOUZA, PRESIDENT DE LA COMMISSION DE LA CEDEAO : « IL FAUT CONSIDÉRER LA MIGRATION COMME UNE OPPORTUNITÉ »

Pour le président de la commission de la Cedeao, Marcel Alain Da Souza, «la Cedeao est le premier groupement sous-régional en Afrique en matière de libre circulation des personnes. Il a invité ainsi à considérer la migration en tant qu'opportunité à travers la création de conditions propices à une immigration régulière et bénéfique pour toutes les parties.

Sénégal

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