13 Février 2018

Tunisie: Il faut sauver le phosphate

C'est le cas pour le secteur minier et la CPG prise en otage par les protestations sociales et un mouvement violent de revendications avec une traversée du désert qui risque de porter une estocade à une économie qui boite déjà.

La sortie de l'ornière requiert du temps au vu de la situation du chaos sur fond d'un silence de mort qui fait peur. La crise ne fait qu'empirer. Alors, il est temps que chacun fasse son mea-culpa.

Crise de chômage

En effet, la situation est loin de se décanter et ce trust ne peut assumer à lui seul l'habit du sauveur pour absorber une crise de chômage et si personne ne lève le doigt pour dire halte, le bateau risque de chavirer.

Les cadres de la CPG l'ont peut-être compris avec la décision de suspendre leur activité depuis le 8 février dernier ; une sorte d'un cri de détresse ; et le lancement d'une campagne de sensibilisation sous le nom « sauver le phosphate »

En effet, la CPG est mal lotie et l'avenir du secteur hante les esprits. Les chiffres font grincer les dents et les pertes colossales viennent garnir une marche qui piétine depuis l'après- 14 Janvier au grand dam de responsables qui connaissent le diagnostic mais ont peut-être manqué de tact pour administrer la thérapie (... .)

Du langage des chiffres, se dégage la chute vertigineuse du secteur avec le risque imminent de s'enliser davantage.

La masse salariale annuelle de ce trust a connu dans les cinq dernières années une montée parabolique pour atteindre le pic de 500 millions dinars répartis entre la CPG, la société de transport des produits miniers et la société de l'environnement et du jardinage avec 144 millions de dinars alloués à ces deux dernières sociétés.

Reprendre espoir

Sur les sites de production, c'est la tendance inverse avec la valse des chiffres qui renseignent sur le mal qui commence à gangrener le secteur.

On est loin de l'année 2010 qui demeure l'année de référence avec 8 millions tonnes de phosphates et depuis, la production vit au rythme des oscillations sans jamais pouvoir rivaliser avec celle de 2010.

Certes, l'année écoulée a permis de reprendre espoir avec 4,2 millions tonnes alors qu'on a prévu d'atteindre la barre des 6,5 millions de tonnes, mais la machine productive a souvent connu des coups de frein à cause de cette vague déferlante de revendications sociales causant cette paralysie de la production avec un manque à gagner estimé à 1 million de dinars /jour.

Nullement épargnée par une concurrence rude des autres producteurs ténors dans le monde, la compagnie voit son malaise s'accentuer avec un coût de production de 145 dinars /tonne, alors qu'il était de 70 dinars avant 2010.Une augmentation du simple au double qui réduit la marge de bénéfice.

Le coup de frein subi par les différents sites de production en arrêt forcé depuis le 20 janvier dernier, entraîne une perte de 15.000 tonnes phosphates /jour traduit par un manque à gagner estimé à 1million de dinars, et ce n'est nullement l'unique perte.

Avec un volume produit de (40 à 50%) destiné aux marchés externes, la courbe de production en dents de scie a fait fuir bon nombre de ses clients à un moment où le prix flamboyant du phosphate dans le monde fait couler la salive d'autres producteurs (prix de la tonne avoisinant 60 dollars).

Le déficit accusé par la compagnie en 2017 s'élève à 200 millions de dinars, et de là à dire que les clignotants commencent à virer au rouge.

A l'échelle locale, la crise dans le bassin minier s'est fait ressentir aussi sur l'approvisionnement du GCT à Mdhilla et Gabès qui sont passés au chômage forcé depuis le début de la semaine écoulée, le stock étant épuisé, ce qui pourrait mettre en péril ses engagements envers leur client stratégique, le Bengladesh.

Déjà, le GCT commence à donner des signes d'essoufflement avec un déficit de 200 millions de dinars en 2017,alors que 2 millions de dinars sont déjà comptabilisés dans la même case depuis le début de l'année en cours.

Du côté de la société indienne TIFERT ; l'autre client basé à Skhira ; on peine à assurer une régularité de fonctionnement à ses usines à cause des perturbations de la cadence d'approvisionnement.

A travers ce constat amer et une machine productive mal huilée, sur fond d'un climat social qui n'inspire guère à la quiétude, le redressement du tableau ne sera pas une sinécure. Les solutions urgent, mais lesquelles ? Einstein disait : un problème sans solution est un problème mal posé.

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