Afrique du Sud: Jusqu'à quand durera le bras de fer entre Zuma et l'ANC ?

Ace Magashule, secrétaire général de l'ANC, lors de la conférence de presse au cours de laquelle il a confirmé que le président Jacob Zuma avait été rappelé.
13 Février 2018

Jusqu'à quand durera le bras de fer entre Zuma et l'ANC (African National Congress) ? Cette question, plus d'un Sud-africain se la pose. En effet, réuni, le 12 février dernier au grand complet, le Comité exécutif dudit parti a décidé de rappeler son camarade Jacob Zuma.

En d'autres termes, l'ANC a demandé au chef de l'Etat de démissionner sans délai. « Nous ne lui avons donné aucune date butoir », a déclaré le secrétaire général de l'ANC, au cours d'une conférence de presse animée hier, 13 février à Johannesburg, avant d'ajouter sur un ton empreint de fermeté : « Nous sommes déterminés à restaurer l'intégrité des institutions publiques, créer la stabilité économique et relancer l'économie de façon urgente ». C'est donc clair.

La couleur est annoncée. L'ANC pousse vers la sortie Jacob Zuma empêtré dans de nombreuses affaires de corruption, afin d'éviter une nouvelle bérézina aux élections générales de 2019, comme ce fut le cas lors des municipales d'août 2016 où le parti a perdu des bastions historiques comme Johannesburg, Pretoria et Port-Elizabeth, réputés lui être favorables.

Que va-t-il donc se passer ? On attend de voir puisqu'à ce qu'on dit, la réponse de Zuma qui n'est pas constitutionnellement contraint de se soumettre à la décision de son parti, est attendue pour aujourd'hui mercredi.

Seulement, s'il refuse d'obtempérer, l'ANC qui, jusque-là, avait fait bloc derrière lui, a la possibilité de saisir le Parlement et voter une motion de défiance, surtout que l'opposition qui demande depuis fort longtemps son scalp, en a introduit une qui, en principe, sera examinée le 22 février prochain.

Le moment est venu pour Zuma de faire valoir ses droits à la retraite

C'est dire donc que l'un dans l'autre, Zuma doit débarrasser le plancher. Et en l'espèce, plus tôt il le fera, mieux ça vaudra. Car, il ne sert à rien de résister face à un adversaire dont on sait qu'il dispose de plus de marges de manœuvres.

En fait, si Zuma avait le sens de l'honneur et de la dignité, il y a longtemps qu'il avait déjà largué les amarres ; lui dont le nom rime avec scandales et casseroles. Du reste, pour moins que ça, son prédécesseur Thabo Mbéki avait pris les devants en rendant sa démission afin de préserver l'image du parti.

Finalement, ce dernier se sera montré plus sage que lui qui continue de faire dans la résistance, exposant ainsi son parti à un énorme risque d'implosion. Il y a donc un temps pour tout.

Et le moment est venu pour Zuma de faire valoir ses droits à la retraite, puisqu'il s'est montré incapable de chausser les bottes de l'icône de la lutte anti-apartheid, Nelson Mandela, devenant ainsi un petit président pour un grand pays comme l'Afrique du sud qui dispute la première place en matière de puissance économique sur le continent africain.

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