14 Février 2018

Tunisie: Après la cigarette classique, place à l'e-cigarette?

Le premier producteur mondial de cigarettes, Philip Morris, est agacé par la concurrence des fabricants de cigarettes électroniques qui ont conquis une grande part du marché du tabac.

L'Etat tunisien voit-il d'un bon œil la multiplication des points de vente de vapoteurs qui poussent comme des champignons d'année en année ? Ceci diminue drastiquement ses recettes que procurent les taxes indirectes sur les cigarettes ordinaires... A notre connaissance, les appareils de vapotage sont bon marché, plutôt accessibles et rapidement amortissables par les fumeurs.

Lorsqu'on sait qu'un appareil moyen se vend entre 150 et 250 dinars en boutique ou en occasion pour quelques années d'usage, on peut voir venir la faillite de l'industrie classique du tabac. «Je me suis procuré la dernière vapoteuse pour 120 euros, auprès d'un ami à l'étranger. C'est un amour de cigarette qui me procure du plaisir à longueur de journée sans la nocivité de la cigarette. Je suis ravi de pouvoir fumer sans nuire à autrui».

Pourtant, le jet en halo ou la projection en grosse bulle de fumée que cet appareil occasionne dépasse celui de la chicha. Arôme vanille, café, citron, elle jongle à sa guise entre divers goûts. L'engouement est percevable chez un nombre de plus en plus élevé de fumeurs qui veulent fumer en douceur ou oublier la cigarette et ses effets néfastes... Qu'est-ce que l'e-cigarette et quelle est sa spécificité par rapport à son alter ego : la cigarette classique ?

Avantages de l'e-cigarette

Selon la définition de l'encyclopédie en ligne wikipédia : «La cigarette électronique (ou e-cigarette), parfois appelée vapoteuse, est un dispositif électromécanique ou électronique générant un aérosol destiné à être inhalé. Elle produit une «vapeur» ou «fumée artificielle» ressemblant visuellement à la fumée produite par la combustion du tabac. Cette vapeur peut être aromatisée -- arôme de tabac blond, brun, de fruits, de bonbons, etc. -- et contenir ou non de la nicotine».

Autre aspect avantageux, c'est qu'à la différence de la fumée produite par une cigarette traditionnelle, cette vapeur n'a pas l'odeur du tabac brûlé et, selon les premières études scientifiques, elle contient des quantités beaucoup plus faibles de particules et substances cancérigènes ou toxiques que la cigarette. Elle est présentée comme une alternative moins nocive au tabac ou comme un substitut pour le sevrage tabagique. C'est le cas de Mounir F, âgé de cinquante ans et père de deux adultes qui avoue avoir craqué pour ce produit miracle pour ménager son cœur et vivre plus longtemps auprès des siens. «Je ne peux plus m'en passer. La cigarette électronique me procure plaisir, sensation et confort sans grands risques sur ma santé. Je ne pouvais arrêter de fumer et recourir à la cigarette électronique était la dernière alternative pour moi».

Des inconvénients, tout de même...

Outre les campagnes qui avertissent les fumeurs sur les dangers potentiels sur la santé comme le risque de développer un cancer, on n'est pas sortis de l'auberge avec tous ces produits qui offrent des sensations similaires à celles de la cigarette classique à tout-va... Les dosettes de glycérine végétale en flacons indispensables pour recharger le produit ne sont pas peu chères et s'épuisent rapidement si on en consomme beaucoup. Ahmed M., gérant de pâtisserie, consent 150 dinars par mois pour jouir de sensations permanentes de l'e-cigarette. C'est pas peu. Mohamed E., la trentaine, jeune designer, marié ayant une fille à charge apporte un autre son de cloche qui contraste largement avec le témoignage précédent.

Il désavoue carrément ce produit hors du commun. Il tient son paquet de cigarettes à la main, qu'il vient d'acheter pour cinq dinars, prend une pause au moment de tirer sa clope et raconte allégrement : «De mon point de vue, rien ne remplace une bonne vieille cigarette que j'allume avec plaisir au briquet. L'e-cigarette est un produit de luxe auquel il faut consacrer deux cent cinquante dinars en moyenne sans compter le coût des arômes qu'il faut utiliser constamment et inévitablement».

Ses amis du quartier continuent, eux, de fumer joyeusement de la chicha, loin d'eux l'idée de recourir aux cigarettes électroniques. «Ils fument par cinq ou sept chichas en week-end en y trouvant tous les arômes qu'ils affectionnent. Menthe, pomme, cerises... .

On a constaté souvent que les fumeurs de vapoteuses sont d'anciens tabagiques qui veulent couper court à la consommation de cigarette sans se priver du plaisir de la sensation de la fumée et de la bouffée de plaisir qu'elle occasionne. Selon les derniers chiffres, le nombre de vapoteurs s'élève à environ quatre millions de consommateurs.

La vente des cigarettes électroniques n'obéit à aucune réglementation précise, ce qui explique que le produit est vendu en libre service chez de nombreux buralistes. Le branle-bas continue. Et vous, alors, cigarette, vapoteuse, chicha ou... . abstention ?

Tunisie

Egypte-Tunisie, leadership en jeu

C'est un classique du football africain. L'Egypte, sept fois sacrée en 23 participations, et la Tunisie,… Plus »

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Copyright © 2018 La Presse. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.