14 Février 2018

Cote d'Ivoire: Malversation à la direction générale des impôts - Des têtes vont tomber

Depuis plusieurs semaines, la Direction Générale des Impôts (DGI) est sous les feux de la rampe avec des affaires scabreuses.

En effet, cette régie financière, au vu des derniers développements de l'actualité, regorge d'agents qui, par des pratiques dont eux seuls ont le secret, favorisent des évaporations fiscales. Des journaux ont même levé le lièvre sur ces détournements. En 2014, un confrère avait évoqué des fraudes pour plusieurs milliards de francs CFA liées à la fabrication de vrais-faux documents administratifs (vignettes autos, timbres fiscaux) dans certaines recettes du pays.

En décembre 2017, un autre confrère a révélé un trou de 2 milliards FCFA découvert dans l'une des recettes de la commune d'Abobo. En février 2018, le premier confrère qui avait annoncé les manquements en 2014, est revenu cette fois à la charge pour relever la présence d'un vaste réseau de faussaires qui, fort des complicités, aurait détourné la grosse somme de 400 milliards FCFA. Et les cas sont légion. Des vols qui ne sont pas restés sans réaction. En effet, au cours du séminaire bilan de cette régie qui en dégageant par la même occasion, les perspectives, le Secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre, chargé du Budget et du Portefeuille de l'Etat, Moussa Sanogo n'y est pas allé avec le dos de la cuillère. Un discours de rupture qui n'était pas fortuit.

En effet, tout en saluant des points positifs qui ont marqué l'exercice écoulé, Sanogo a déploré la non-atteinte des objectifs de recettes assignés à la Direction Générale des Impôts, même s'il a pu noter l'augmentation globale des recettes de 2017 par rapport à celles de l'année précédente. « L'é- cart négatif noté représente autant de ressources dont l'Etat n'a pu disposer pour mettre en œuvre sa politique d'amélioration des conditions de vie des populations et de croissance inclusive. (... )

Il apparaît impératif d'enregistrer des résultats significatifs en matière de mobilisation des ressources internes. C'est un défi que j'exhorte la Direction générale des Impôts à relever cette année. », a-t-il fait savoir. La mise en garde du Secrétaire d'Etat Avant d'être plus incisif : « Il m'a été donné de constater également des insuffisances dans le système informatique de la Direction Générale des Impôts.

Notamment en matière de sécurisation de l'outil informatique et de disponibilité d'un système statistique qui soit un vrai outil d'aide à la décision. Le rendement du contrôle fiscal, malgré les nombreuses présomptions de fraude, ne parait pas à la hauteur de la situation. Il en est de même du rendement de plusieurs directions et de la célérité à prendre en charge la résolution des problèmes relevés. ».

Au cours de ce discours d'orientation, il a demandé à la DGI de se doter d'un outil fiable et sécurisé, « laissant peu de place aux manipulations éventuelles et aux opérations manuelles, qui sont autant de risques de déperdition des recettes fiscales ». Responsabilisant tous les agents car « toutes les conséquences devraient être tirées du non-respect des contrats d'objectifs assignés aux responsables ». Le Secrétaire d'Etat qui a décidé de tout suivre personnellement est, selon des sources proches des organismes financiers internationaux, en attente des audits internes.

Au point de confier, à en croire un haut fonctionnaire d'une banque financière panafricaine, qu'il n'hésitera pas à sévir. Ce qui le retiendrait pour l'instant, serait le suivi des procédures dans une administration ainsi que les conclusions de l'audit interne lancé à l'initiative du Directeur général des Impôts. Selon des indiscrétions, le ministre attend avec impatience le résultat de ces audits. Comme pour marquer la fermeté de cette détermination, il a fait savoir à Yamoussoukro qu' « Il est prêt à sanctionner les agents qui seraient convaincus de prévarication au détriment des ressources publiques et qu'il n'hésiterait pas à se séparer des agents qui ne rempliraient pas les objectifs qui leur ont été assignés en assénant sans fauxfuyant que « ceux qui ne feraient pas l'affaire devront être remerciés».

D'autres indiscrétions, proches du patronat ivoirien et des chambres consulaires, nous font savoir qu'il mettra bientôt de l'ordre là où il y a le désordre, là où il y a la gabegie. Et qu'il est surtout déterminé à moraliser la DGI qui ne doit pas perdre de vue son triptyque : Management, Ethique et Vision. En tout cas, ajoute notre source, c'est un Secrétaire d'Etat très remonté qui n'admet pas qu'au moment où la Côte d'Ivoire compte sur ses ressources intérieures pour développer son économie et tracer les sillons de l'émergence, des personnes tapies dans l'ombre prennent un malin plaisir à annihiler les efforts consentis par le gouvernement et les contribuables.

Sans nul doute, au cours des prochaines semaines, nous ne serons pas surpris de voir le Secrétaire d'Etat mener des actions vigoureuses dans le sens d'une meilleure gouvernance au sein de cette régie financière. La visite surprise rendue dans l'un des centres des impôts de la ville d'Abidjan, le vendredi dernier en est certainement un signe.

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