15 Février 2018

Afrique de l'Ouest: Impact du pastoralisme en Afrique de l'Ouest - La transhumance, une activité économique rentable

Selon une étude du groupement d'intérêt scientifique du Pôle pastoralisme et Zones sèches, le pastoralisme a un impact économique important dans la zone ouest africaine. Présentant le rapport scientifique de cette structure, Christian Corniaux du Cirad a expliqué que, dans leur parcours, les transhumants engendrent une activité économique significative.

Les vérités toutes faites selon lesquelles les transhumants, avec leur cheptel, sont des envahisseurs qui ne font que consommer et détruire les pâturages sur leur chemin sont déconstruites par le rapport scientifique du Pôle pastoralisme et zones sèches. Selon ce rapport présenté par Christian Corniaux, chercheur au centre de coopération internationale en recherche pour le développement (Cirad), membre dudit pôle avec l'Isra, l'Ucad et le Centre de suivi écologique, les pasteurs, dans leur transhumance, dans la zone ouest-africaine, contribuent à la création d'activités économiques.

D'après l'étude, les transhumants dépensent une somme estimée entre 1,2 à 1,3 million de FCfa par famille et par an dans leur périple pour la survie de leurs animaux. Ce qui a fait dire au chercheur que pour l'ensemble des milliers de familles de transhumants dans la zone du Sénégal, de la Mauritanie et du Mali, ce sont des milliards qui sont en jeu dans les transactions financières. «Contrairement à certaines idées reçues considérant les transhumants comme des criquets qui consomment tout sur leur passage, la transhumance engendre une activité économique pour les zones traversées avec des achats effectués par les transhumants en plus de l'activité écologique. Les zones d'accueil attendent souvent le passage des éleveurs pour bénéficier des transactions financières», explique le chercheur. C'est pour cela que le rapport demande une gestion intégrée des territoires du Lac de Guiers au Sénégal jusqu'au Niger car «la mobilité, c'est le cœur du pastoralisme».

La présentation de ce rapport a été faite en marge du Conseil scientifique et administratif du Pôle pastoralisme et zones sèches qui se tient à l'Institut sénégalais de recherche agricole (Isra). Cette rencontre est l'occasion aussi pour ce groupement d'intérêt scientifique de faire le bilan du programme quadriennal 2014-2017 et de ficeler le programme pour 2018-2021. Le directeur général de l'Isra, Docteur Alioune Fall, président du groupe d'intérêt scientifique dudit pôle a rappelé les enjeux du pastoralisme qui vise l'élevage extensif avec l'ensemble des troupeaux qui occupent le territoire et qui se déplacent à la recherche de nourriture.

Délimiter les unités pastorales

«Cela pose souvent la problématique du foncier avec le passage des animaux mais on ne peut pas séparer l'agriculture de l'élevage. Il faut la délimitation des unités pastorales pour que les zones agricoles et d'élevage soient délimitées. Nous travaillons pour la coexistence des acteurs», a déclaré le directeur général de l'Isra. Pour lui, la recherche fait beaucoup pour l'amélioration du pastoralisme et de l'élevage parce que, dit-il, «il faut aider les habitants du monde rural à conserver leur cheptel car l'élevage constitue l'épargne des familles dans ces zones».

Alioune Fall soutient qu'il faut une intégration des politiques sur le plan sous-régional pour le développement du pastoralisme et une meilleure santé animale car, «on ne sera jamais indemne si les autres pays sont malades».

Représentant le ministre de l'Élevage et des Productions animales, Docteur Mamadou Ousseynou Sakho, Secrétaire général dudit ministère reconnaît que le pastoralisme est une question essentielle pour notre pays où l'élevage pastoral occupe 2/3 de notre cheptel et fournit l'essentiel des productions animales pour les populations (70 % de la production de ressources et de viande provenant de l'élevage pastoral). Docteur Mamadou Ousseynou Sakho demande de mettre en relation, avec l'appui du Pôle pastoralisme et Zones sèches, les différents projets et les acteurs du secteur et de mettre à leur disposition les résultats de la recherche de ce groupement scientifique. «Les travaux de la recherche ont montré que le pastoralisme est quelque chose d'essentiel pour le Sahel et pour l'Afrique de l'ouest», souligne-t-il. Le Secrétaire général du ministère de l'Élevage rappelle que 31 milliards de FCfa ont été injectés dans les projets de développement du pastoralisme par l'État du Sénégal.

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