15 Février 2018

Congo-Kinshasa: Comment un garçon nommé « Cessez-le-Feu » représente un espoir dans la RDC en conflit

Bien que Bunyakiri et ses environs étaient autrefois le grenier agricole de la province du Sud Kivu, la malnutrition affecte 7 enfants sur 10. Le PAM, l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) et le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) ont uni leurs forces pour relever ce défi en 2015.

Dans cette zone de la République démocratique du Congo offrant une relative stabilité, cet ambitieux projet humanitaire a commencé à améliorer les conditions de vie de ses habitants.

"J'ai vu que mon fils était émacié mais c'est le relais communautaire qui m'a alerté. Les spécialistes de la nutrition lui ont prescrit du « Plumpy'Sup», explique Mama Fiki, la mère de Cessez-le-Feu. "Il est maintenant en pleine forme, ce qui me rend si heureuse !"

Le projet a vu 11 000 femmes enceintes et allaitantes recevoir un total de 520 tonnes de céréales enrichies, ainsi que de l'huile végétale. Quelque 11 500 enfants âgés de 6 à 23 mois ont reçu 85 tonnes de Plumpy'Doz (une supplément nutritionnel spécial), ce qui améliore l'état nutritionnel et leur permet d'avoir une croissance normale. De plus, 12 000 enfants de 6 à 59 mois qui, comme Cessez-le-Feu, souffraient déjà de malnutrition aiguë modérée, ont reçu 76 tonnes de Plumpy Sup, également un supplément nutritionnel spécifique à haute valeur nutritive. Sans ce soutien, la santé de Cessez-le-Feu - et en fait son avenir - aurait été sérieusement compromis étant donné qu'une mauvaise nutrition peut causer un retard de croissance physique et entraver le développement intellectuel.

Les conflits et les mauvaises habitudes alimentaires ont contribué à l'insécurité alimentaire chronique dans la région. Depuis que les armes se sont tues vers la fin de l'année 2014, les villageois ont pu retourner dans leurs villages et dans leurs champs.

Cette stabilité a créé des conditions favorables à une approche intégrée et innovante de la lutte contre la malnutrition chronique. Les cas de malnutrition sévère aiguë et modérée sont traités avec les contributions du PAM et de l'UNICEF. Des formations aux bonnes pratiques alimentaires sont également organisées. Dans le même temps, le PAM et la FAO aident à renforcer la production agricole en fournissant des kits et des formations agricoles, des vivres et en créant des pépinières à légumes. L'accès à l'eau a également été amélioré grâce à un nouveau système d'adduction et de distribution.

Le but du projet est de prévenir et traiter la malnutrition de manière durable. Pour cette raison, il propose une vision à moyen et à long terme, en renforçant les capacités au niveau des ménages et des exploitations agricoles. De cette façon, les familles peuvent produire plus et se nourrir mieux, et ainsi contribuer, espérons-le, à la refaire de Bunyakiri le grenier à nourriture qu'il a été.

« Cette approche intégrée est intéressante car elle mobilise l'expertise de plusieurs agences des Nations Unies sur des problèmes spécifiques liés à la malnutrition chronique », explique David Winiger, Directeur de la Coopération suisse au développement en RDC.

"Cette approche multiplie l'impact positif sur les bénéficiaires. C'est certainement le meilleur moyen de relever un défi aussi vaste que celui de la malnutrition dans cette zone. C'est pourquoi nous avons décidé de continuer à financer le projet pour trois années supplémentaires."

Alors que certains territoires du Sud-Kivu sombrent à nouveau dans la violence, l'exemple de Cessez-le-Feu, au prénom prédestiné, démontre que lorsque la paix revient, des communautés entières peuvent recommencer à espérer.

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