19 Février 2018

Cote d'Ivoire: Djébonoua/ Bagarre intercommunautaire - Des blessés graves, des mini-cars saccagés, des biens emportés

S'agit-il d'une affaire de mœurs, d'une altercation, d'un vol ou tout simplement d'une incompréhension ? On se perd en conjectures.

Personne n'a pu nous dire ce qui a été l'élément déclencheur qui a entrainé une bagarre rangée entre les jeunes de Djébonoua et les transporteurs, d'une part et entre ces jeunes de Djébonoua et les commerçants venus de Bouaké, d'autre part. Bilan, plusieurs blessés par armes blanches dans chaque camp dont des cas graves ont été enregistrés, des marchandises emportées, trois mini-cars saccagés.

Les blessés graves ont été évacués au Chu de Bouaké. Une chose est sûre, c'est aux environs de 17h que la bagarre rangée a commencé dans cette commune située à 15 km de Bouaké sur l'axe Bouaké-Yamoussoukro. Selon toute vraisemblance, l'un des jeunes de Djébonoua aurait été poignardé.

En représailles, les jeunes de Djébonoua ont décidé de s'attaquer aux transporteurs et aux commerçants venus de Bouaké.

Toutes les armes blanches sont utilisées. Machettes, cailloux, bois, fer, etc. soit pour attaquer son adversaire soit pour se défendre. Il s'est ensuivi une chasse à l'homme. Les mini-cars des transporteurs sont pris pour cible. Les vitres et les parebrises volent en éclats. Quant aux commerçants, leurs marchandises sont saccagées et volées. Les transporteurs et commerçants qui ont pu s'échapper des griffes des jeunes de Djébonoua trouvent réfuge à la brigade de gendarmerie. Ceux d'entre eux, qui n'ont pas eu cette chance, sont pris en otage.

Débordé, le commandant de la brigade de gendarmerie appelle du renfort de Bouaké. Un détachement de para-commandos, venu de la 3e légion de la gendarmerie, puissamment armés, se déploie sur le terrain aux environs de 19h.

Le calme revenu, au lieu de la manière forte, les éléments engagent la négociation avec les jeunes pour les convaincre de « libérer » les transporteurs et les commerçants pour qu'ils regagnent leurs familles à Bouaké sains et sauf. Mais rien n'y fait.

A 22h, lorsque nous quittions les lieux, c'était le statu quo. « Nous avons deux blessés graves qui sont entre la vie et la mort. Nous voulons nous assurer que leurs vies ne sont plus en danger et que leurs soins sont correctement pris en charge avant de les laisser partir », déclarent en chœur les jeunes de Djébonoua chauffés à blanc. Au moment où les négociations se déroulent, ce sont des transporteurs et commerçants, « otages » apeurés, qui ont le regard rivés vers le ciel. Priant Dieu pour qu'une solution soit trouvée. « Je vends des dabas, des machettes, des arrosoirs, etc. A part les deux dabas que j'ai en main, j'ai tout perdu. Je suis désemparé », nous confie, Fofana Karim, un commerçant. Soumahoro Ousmane, vendeur de piles et de torche est complètement assommé. « Nous sommes des victimes collatérales de cette bagarre. Nous ne sommes concernés ni de près ni de loin. Et voilà que nous sommes là, les bras ballant. Toutes mes marchandises ont été emportées », révèle-t-il. Le lendemain dimanche à 6h30, nous sommes repartis au marché.

Visiblement, la patience et le sens de négociation des gendarmes ont fini par payer. Tous les commerçants « otages » sont rentrés chez eux. Même les transporteurs sont repartis avec leurs mini-cars. En tout cas, ce dimanche, le calme est définitivement revenu à Djébonoua.

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