19 Février 2018

Congo-Kinshasa: Tshibala en guerre contre les sachets en plastique !

Le Premier ministre, Bruno Tshibala, vient de prendre un Décret portant interdiction de fabrication, d'importation et d'usage des sachets en plastique en République Démocratique du Congo à compter du 1er juillet 2018.

Le moratoire d'environ cinq mois accordé fabricants, importateurs, grossistes et autres vendeurs en détail devrait être mis à profit pour cesser toute activité de production et liquider les stocks disponibles.

De primer abord, la mesure est à saluer, dans la mesure où elle vise la protection de l'environnement national et du sol congolais en particulier, terriblement menacés par les sachets en plastique, qui ont la particularité de ne pas se décomposer pendant des décennies. A force de s'entasser dans le sol, ils finissent par le rendre stérile et partant impropre à l'agriculture. Le phénomène des inondations que l'on vit ces dernières années à Kinshasa ainsi que dans les principales villes du pays est dû notamment au « barrage » constituent les sachets en plastique contre la pénétration des eaux de pluies dans les profondeurs du sol. Ce sont également les sachets qui s'accumulent dans les lits des rivières qui rétrécissent dernières, menaçant même certaines d'entre elles d'assèchement.

A dire vrai, la République Démocratique du Congo est en grand par rapport à ses voisins comme le Rwanda et le Congo/Brazzaville, la circulation des sachets en plastique est interdite voici années. Les voyageurs qui se rendent dans ces pays savent que colis placés dans des sachets en plastique sont saisis à partir postes frontaliers et les emballages en plastique incinérés.

L'exhortation à l'utilisation des emballages biodégradables vaut son pesant d'or. Les nostalgiques de ce pays se souviennent à l' de la défunte boulangerie Quo Vadis, de son fameux « pain coupé » vendu dans un emballage en papier léger multicolore. On n'a pas plus oublié l'époque où pratiquement tous les produits de courant étaient emballés dans du papier : brochettes de cabri (ntaba) et de viande de bœuf, poulets rôtis, beignets, pains, cacahuètes, sucre, riz, fufu, biscuits, galettes, etc. Quant aux produits tels que les huiles ou le pétrole, les acheteurs s'organisaient se présenter aux points de vente avec des bouteilles ou des en alluminium. Les emballages usagés du ciment, les feuillets cahiers d'écoliers, voire des documents d'archives ou des papiers réemploi faisaient aussi l'affaire. Tout cela a été éclipsé par emballages en pastique.

Où est passé l'ancien ministre de l'Industrie, Remy Musungayi ?

La guerre contre les sachets en plastique ne date pas d'aujourd'hui.

En 2014 déjà, un ancien ministre de l'Industrie, Remy Musungayi, présent dans le gouvernement Matata, avait lui aussi pris l' de les éliminer de l'environnement économique national. A cet effet,

il s'était signalé auprès de plusieurs opérateurs économiques dans la commune de Limete, pour les sensibiliser sur l'impératif renoncer à la production des sachets, bassins, seaux, bouteilles plastique et de se reconvertir dans la fabrication ou l' des produits biodégradables.

Il avait, en son temps, également accordé un moratoire producteurs et vendeurs en gros comme en détail, avec la menace fermer les usines qui ne se conformeraient pas à la législative, saisir tout sachet en plastique qui serait en circulation hors et faire subir la rigueur de la loi aux inciviques. Remanié en 2015, il avait quitté le ministère de l'Industrie sans avoir accompli mission. Ses différents successeurs au poste ont-ils trouvé le dans les « chemises » ayant servi aux cérémonies de remise-reprise ?

La question reste posée.

La question de fond reste de savoir si le Premier ministre résister aux lobbies spécialisés dans l'importation, la fabrication la commercialisation des produits en plastique. Qui connaît les en circulation à travers le territoire national, dans un pays où frontières sont tellement poreuses et la corruption érigée en que tout se passe comme si l'Etat n'existait pas? Le Congolais est d'autant sceptique qu'en plus de la bataille à gagner contre millionnaires du secteur des produits en plastique, il y a celui, difficile encore, de la conversion des mentalités. Comment modifier,

du jour au lendemain, les comportements des compatriotes qui intégré ce type d'emballage dans leur quotidien voici décennies ? D'où, il y a lieu de craindre que le Décret du ministre ne connaisse un sort identique à celui de l'Arrêté l'ancien ministre de l'Industrie d'Augustin Matata. Kimp

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