Togo: Dialogue de dernière chance pour sortir de la crise

Le président Faure Gnassingbé

Pouvoir et opposition se réunissent autour d'une même table, depuis le 19 février à Lomé, pour tenter de résoudre la crise politique qui les divise depuis six mois.

La rencontre, qualifiée de « dialogue de dernière chance » par les observateurs de la situation au Togo, suscite un mélange d'espoir et d'incrédulité dans ce pays. Elle se tient alors que le président togolais, Faure Gnassingbé, actuellement à la tête de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest, fait face depuis cinq mois à une très forte contestation populaire.

Que ce soit à Lomé ou ailleurs, de nombreux Togolais sont sceptiques concernant ces assises. Ils critiquent la tenue d'un « énième dialogue » au Togo, gouverné depuis plus de cinquante ans par la même famille. « C'est le dialogue de la dernière chance. L'opposition et le pouvoir ont intérêt à tout faire pour sortir définitivement ce pays de cette situation d'instabilité (... ). Chaque camp doit mettre un peu d'eau dans son vin. », a déclaré Joël Afandjigan, commerçant dans la capitale togolaise.

« Le parti Union pour la République, au pouvoir, va encore rouler l'opposition dans la farine. Ils vont encore discuter et signer un autre accord, qui ne sera pas respecté par le gouvernement. C'est la même chose et cela nous fatigue. Nous avons trop dialogué dans ce pays. », a redouté, quant à lui, un Togolais qui a requis l'anonymat.

Au cours de ces pourparlers, les participants vont plancher sur le rétablissement de la Constitution de 1992 qui prévoyait un maximum de deux mandats présidentiels, la transition politique au Togo et les réformes électorales. Au sujet de la réforme des mandats présidentiels et du mode de scrutin, déjà prévue par l'Accord politique global de 2006, il faut noter qu'elle n'a jamais vu le jour, alors qu'elle devait permettre d'apaiser un pays exaspéré par les violences (près de cinq cents morts, selon l'ONU) ayant suivi l'élection de Faure Gnassingbé.

La semaine dernière, les Nations unies, l'Union européenne et les ambassades d'Allemagne, de France et des Etats-Unis à Lomé ont « salué » la tenue de ce dialogue, encourageant « les acteurs politiques togolais à travailler de bonne foi pour aboutir à un consensus ».

Rappelons que Faure Gnassingbé a succédé, en 2005, avec le soutien de l'armée, à son père, le général Gnassingbé Eyadéma, qui avait dirigé le pays pendant trente-huit ans. Il a été réélu au terme de scrutins contestés par l'opposition en 2010 et en 2015. Depuis l'avènement du multipartisme au début des années 1990, une quinzaine de dialogues et de pourparlers se sont tenus à Lomé, sans jamais déboucher ni sur une alternance politique ni sur un changement majeur.

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