Togo: 45 prisonniers politiques libérés

Clôture d'une prison
20 Février 2018

Lors de l'ouverture des travaux du dialogue inter-togolais, l'opposition a posé comme préalable la libération immédiate de ses militants. Le président Faure Gnassingbé a accédé à ces exigences à travers une grâce.

C'est un pas en avant du président Faure Gnassingbé. À l'ouverture des travaux du dialogue inter-togolais l'opposition avait posé la libération de militants comme préalable à la discussion. Mesure acceptée en partie par Faure Gnassingbé à travers une grâce pour 45 prisonniers. La majorité des détenus avaient été arrêtés durant les différentes manifestations de l'opposition, démarrées en août 2017. C'est cette catégorie de prisonniers qui a bénéficié de la grâce présidentielle.

La seconde catégorie concerne les prisonniers interpellés après les incendies des marchés de Lomé et de Kara. Selon nos informations, le juge va étudier, ce mercredi, le cas de sept personnes impliquées dans cette affaire et pourrait leur accorder une liberté provisoire. Quant aux autres dossiers, ils seront examinés au cas par cas.

"Les chefs d'accusation ne sont pas fondés. Ils n'ont pas d'arguments pour pouvoir les garder encore en détention. C'est pourquoi, nous estimons, et c'est la logique, qu'on doit d'abord les libérer pour qu'on puisse échanger et discuter. Nous nous battons pour la libération de ce pays qui est pris en otage par une famille depuis plus de 50 ans", a expliqué à la DW, Kouete Nicoué, le Secrétaire national chargé du numérique et des adhésions du FDR, les Forces démocratiques pour la République, membre de la coalition des 14 partis d'opposition représentés à ce dialogue.

Interférences dans les affaires judiciaires ?

Certaines voix au sein de l'opinion togolaise ont critiqués ces séries de libérations perçues comme une entorse au sacro-saint principe de la séparation des pouvoirs judiciaires et exécutifs.

"On ne peut pas comprendre que deux marchés principaux du Togo aient été brulés, incendiés. Si la justice fonctionnait normalement, on devrait savoir qui a brulé ces marchés. Ils sont toujours en détention provisoire. Mais au Togo, on sait comment ça se passe. C'est la seule occasion pour faire une pression sur le pouvoir. Il faut d'abord libérer ces gens-là. Parce que nous savons très bien qu'ils n'ont rien fait", réplique l'opposant Kouete Nicoué, qui rejette cette analyse.

Retour à la constitution de 92 ?

Après, la satisfaction de ces préalables, exigés par l'opposition, la seconde phase de ce dialogue reprendra vendredi. Au menu : l'examen des autres points qui divisent les deux camps : le retour ou non à la Constitution de 1992, qui limite à deux le mandat présidentiel, et surtout que le président Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005, ne soit plus candidat à l'issue de son actuel mandat qui expire en 2020.

"Les deux parties ont convenu que la délégation gouvernementale sera la bienvenue aux discussions. La coalition augmentera à son tour son effectif en fonction du nombre de représentants du gouvernement", a déclaré, lundi, l'Ambassadeur Daniel Oseï, porte-parole du facilitateur, le président ghanéen, Nana Akufo-Addo.

Trêve des manifestations

Pour l'heure, chacune des deux parties, la coalition de 14 partis d'opposition et le parti au pouvoir, Unir, Union pour la République, est représentée par sept délégués.

Les deux camps se sont également entendus pour suspendre toutes les manifestations pacifiques, jusqu'à la fin du dialogue, dans une dizaine de jours.

Pour rappel, c'est depuis septembre 2017 que les manifestations contre le président Faure Gnassingbé se sont intensifiées au Togo. Au départ, les manifestants exigeaient le départ du pouvoir du chef de l'état. Ils demandent désormais des réformes constitutionnelles, notamment la limitation du nombre de mandats présidentiels, au maximum à deux.

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