18 Février 2018

Burkina Faso: Viol collectif d'une lycéenne - Indignation, colère, inquiétudes...

Week-end survolté sur la toile burkinabè : en effet, une vidéo mettant en scène une jeune fille subissant des violences sexuelles d'un groupe de garçons a été diffusée sur les réseaux sociaux et a provoqué de vives réactions. Entre interrogations et indignation, les condamnations fusent de partout et l'affaire est aujourd'hui devant la justice.

Couchée à même le sol, en plein jour, à moitié nue, elle supplie ses bourreaux dont l'un, le membre dressé, tente de lui arracher un coït pendant que les autres filment ou attendent leur tour pour «monter», comme ils le disent eux-mêmes. «Aie pitié de moi, arrête», supplie-t-elle, en langue mooré, les jeunes violeurs qui restent d'une inhumanité étonnante.

Lorsque la vidéo de cette barbarie a été publiée sur la toile, par on ne sait qui, on a voulu d'abord croire à une blague de très mauvais goût, à une mise en scène. Mais l'image de ces monstres qui s'acharnent sur cette jeune fille est tout aussi authentique que la douleur de la victime. « Qui sont ces élèves ? Qu'est-ce qui a bien pu passer par leurs petites têtes pour qu'ils posent un acte si ignoble, le filme et, de surcroît, le mette sur le net ? » se sont demandé la majorité de ceux qui ont eu accès à la sextape. Selon certaines sources, le film sadomaso aurait été tourné sur un terrain vide au quartier Ouaga 2000. La victime, âgée de 15 ans, est inscrite en classe de troisième au lycée classique de Ouagadougou.

Et selon une source de L'Obs., trois de ses bourreaux sont du Lycée Aurore : « Deux sont en classe de 3e et l'autre en 4e», a précisé la source. Le ministère en charge de la Femme a vite fait, dans un communiqué, de demander le retrait de la vidéo des réseaux sociaux. Il a par ailleurs assuré que des dispositions diligentes seraient prises pour l'accompagnement psychosocial de la victime ainsi que de sa famille. «Toutes les dispositions seront prises pour assister la victime sur le plan judiciaire afin que les auteurs soient punis à la hauteur de leur forfait inhumain», a assuré le ministère. Le Procureur du Faso n'est pas resté muet face à ce viol de mineure.

Dans un communiqué, Maïza Sérémé a affirmé que la Brigade de recherches de la Gendarmerie de Ouagadougou est parvenue à identifier les trois personnes mises en cause et a procédé à leur arrestation : il s'agit de Y.M.A.L., D.F., et S.M., mineurs respectivement âgés de quinze et dix-sept ans, domiciliés à Ouagadougou. «Nous assurons à l'opinion publique que ces personnes sont en garde à vue, que les auditions sont en cours pour situer les responsabilités et procès-verbal d'enquête sera établi. Les mis en cause seront ensuite transférés à notre parquet pour la suite de la procédure, conformément aux textes en vigueur», a précisé leProcureur du Faso.

Du côté de l'Association d'appui et d'éveil Pugsada (ADEP), on demande que l'on retrouve au plus vite tous les coupables. La structure en appelle à la conscience de toute la communauté éducative et interpelle les autorités nationales pour une introspection nationale en vue de revisiter un pan du système éducatif.

L'association Mys-Tic, elle, prévoit une campagne numérique pour la sensibilisation à une bonne utilisation des technologies de l'information et de la communication.

Encadré

Les 3 petits monstres

Ce ne sont pas des enfants, mais de véritables diablotins. Car il faut être quelque part diabolique pour imaginer, a fortiori faire ce qu'ils ont pourtant osé faire : trois adolescents s'acharnant sur une pauvre fillette, voilà en effet le spectacle insoutenable que certains ont pu voir à travers les réseaux sociaux le week-end écoulé. Car comme si ça ne leur suffisait pas de violer la pauvre gamine, ce qui était déjà suffisamment grave, il fallait en plus que ces trois petits monstres prennent un malin plaisir à filmer leurs effroyables ébats pour les balancer sur la toile.

Comment ne pas s'étrangler de colère devant ce crime abject qui fait en réalité plusieurs victimes ? La principale, bien sûr, souillée à jamais par des soudards à peine pubères et qui portera à jamais, marquée au fer rouge, les stigmates psychologiques de cette souillure qu'aucune prise en charge ne pourra en réalité effacer ; cela d'autant plus qu'elle est facilement reconnaissable sur la vidéo et qu'elle traînera toujours dans son sillage l'opprobre dont elle vient d'être frappée. C'est une vie qui est ainsi brisée au moment même où un avenir plein de promesses s'ouvrait devant elle. Comment ne pas compatir non plus à la peine indicible de ses parents, affligés par une telle monstruosité mais qui devront, malgré tout, aider du mieux qu'ils peuvent leur progéniture à remonter un tant soit peu cette pente on ne peut plus raide ?

Affligés, les géniteurs des effroyables garnements le sont sans doute aussi. Comment ne pas l'être en effet d'apprendre du jour au lendemain qu'on a donné naissance à un être méphistophélique ? On ne peut que s'en sentir quelque part coupable et se demander si on n'a pas échoué dans son éducation quand bien même il faudrait se garder de jeter trop vite la pierre aux parents, car l'éducation ne sera jamais une science exacte : quelles que soient vos précautions, si les enfants veulent mal tourner du fait souvent de «la mauvaise compagnie» comme on dit, ils vont mal tourner. Hélas !

Maintenant qu'ils ont commis l'irréparable, on fait quoi de ces démons ? Qu'on ne nous dise surtout pas que ce sont des mineurs, qu'on doit les comprendre, etc. De quels mineurs parle-t-on alors qu'au lieu de réviser leurs cours ils s'abîment dans la luxure, à peine affranchis des jupons de leur maman? Puisque, selon Koestler, la société doit savoir «brandir sa tête pour que les futurs candidats au meurtre y lisent leur avenir et reculent», il faut que la justice, et donc la société dont ils ont ainsi violé les règles, sévisse avec la dernière énergie pour que ça serve de leçon, cette leçon de bonne conduite et de bonne moralité qu'ils n'ont pas voulu apprendre de leurs parents et de leurs enseignants.

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