21 Février 2018

Congo-Kinshasa: Les familles des prisonniers politiques dénoncent une fausse décrispation politique

CFPP identifie un mort et trois évadés « libérés » dans la liste des quinze kulunas relâchés, le 20 février, à l'ex-prison de Makala.

Le Comité des familles des prisonniers politiques de la RDC (CFPP) a regretté qu'aucun prisonnier politique n'ait été libéré, « malgré l'engagement écrit transmis en date du 16/02/2018 par le ministre de la Justice et Garde de sceaux au Président de la Conférence épiscopale congolaise (Cénco), Mgr Utembi ». « Plutôt que de libérer les prisonniers politiques, le ministère de la Justice a ordonné la libération de quinze jeunes délinquants (appelés Kulunas à Kinshasa) », a noté ce comité. Plus grave, a-t-il appuyé, dans la liste de personnes relâchées, on pouvait lire les noms de trois personnes déjà évadées et un jeune mort de maladie dans cette même prison-mouroir qui est le CPRK.

Dans cette lettre précitée, ont rappelé ces familles, le ministre de la Justice s'engageait, dans les heures qui allaient suivre, à libérer les prisonniers politiques emblématiques, Eugène Diomi Ndongala et Jean Claude Muyambo, comme prévu par l'accord politique de la Saint-Sylvestre, resté inappliqué depuis plus d'une année.

Dans leur communiqué adressée à l'opinion tant nationale qu'internationale, ces familles des prisonniers politiques ont dit s'étonner de « la constance du ministère de la Justice à libérer des voleurs de chèvres, des miliciens accusés de crimes contre l'humanité (comme les 149 compagnons du rebelle sanguinaire Gédéon Kyungu, dernièrement relâchés) mais jamais appliquer les mesures de décrispation politique souscrites par le gouvernement de la RDC à l'occasion de la signature de l'Accord politique de la Saint-Sylvestre et qui concernent les prisonniers politiques de la RDC et les détenus amnistiés depuis 2014 ».

Respect des engagements librement souscrits

Les familles invitent, par ailleurs, le gouvernement au respect des engagements librement souscrits et « à plus de sérieux » dans l'application des mesures de décrispation prévues par le chapitre 5 de l'Accord du 31/12/2016. Aussi se questionnent-elles sur les « réels pouvoirs et compétences du Comité national de suivi de l'accord (CNSA) », qui, depuis novembre 2017, a mis en place une commission ayant comme objectif d'accélérer la libération des prisonniers politiques, surtout ceux définis par l'Accord comme « emblématiques » et dont les identités étaient bien précisées dans ledit accord. « Les familles des prisonniers politiques sont obligées de constater que malgré des mois de prétendu travail de concertation avec les autorités compétentes et après avoir rencontré certains des prisonniers politiques concernés, rien n'est fait pour finaliser ces libérations », a noté ce collectif, soulignant que le CNSA est resté aphone et non redevable par rapport à l'accomplissement de sa mission qui devrait être immédiatement finalisée, alors que le chef de l'État avait publiquement rappelé, lors de sa dernière conférence de presse, que c'est cette institution qui serait chargée de l'application des mesures de décrispation politique.

Face à ce qu'il qualifie de tergiversations, les rétractations et à l'approximation de la démarche du ministère de la Justice de la RDC, ce comité des familles des prisonniers politiques invite tous les responsables politiques « à plus de sérieux dans la gestion de ce sujet sensible aussi bien en termes de respect des droits de l'homme mais aussi et surtout pour la mise en place d'un processus électoral crédible et inclusif en RDC ».

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