21 Février 2018

Sénégal: Louga - Des maires déçus du mode de sélection du PACASEN

Louga — Des maires de communes non éligibles au Projet d'appui aux communes et agglomérations du Sénégal (PACASEN) se sont élevés mercredi contre le mode de sélection des localités bénéficiaires qui, selon eux, ignore les objectifs de l'Acte 3 de la décentralisation consistant à rééquilibrer les disparités entre collectivités.

"En venant, nous étions animés d'un grand enthousiasme mais à la fin, le PACASEN est pour nous une grande désillusion", a dit le maire de Keur Momar Sarr, Dioumbory Ka, regrettant que la communalisation universelle ne se traduise pas sur le terrain par "une égalité de traitement" entre collectivités locales.

L'édile s'exprimait devant des responsables du PACASEN, au cours

d'un comité régional de développement (CRD) consacré à ce projet de 130 milliards de francs CFA.

Il est destiné à renforcer 123 communes choisies suivant des critères dont la densité de la population et l'expérience dans la mise en œuvre de projets financés par la Banque mondiale.

"Je soutiens la politique du président Macky Sall mais il

faut qu'il sache ce qui se passe dans nos localités. Nous sommes des maires élus et bientôt, nous serons devant nos élus pour un second mandat, et il nous faut présenter un bilan", a dit M. Ka.

Dans cette perspective, "la faiblesse des moyens dont nous disposons" constitue "un véritable problème", a-t-il ajouté.

Selon Dioumbory Ka, les directeurs généraux et les ministres "choisis par le président ont fait la part belle à leurs collectivités, ignorant les communes rurales plus démunies et qui se trouvent dans une situation de précarité plus criarde".

Appuyant son collègue de Keur Momar Sarr, le maire de la commune de Loro estime que "les concepteurs de ce projets ne sont pas au courant des réalités que vivent les communes rurales dépourvues de ressources".

Pour lui, "cette réforme aura des répercussions très négatives et devrait être revue". Aussi, estime-t-il qu'elle va davantage creuser l'écart entre les communes urbaines et rurales.

D'autres, comme le maire de Peté Warrack, déplorent le fait que "ce débat n'ait pas été organisé en amont, car aujourd'hui, il s'agit seulement d'une séance d'information, le choix ayant été déjà fait".

Mor Mbaye Samb invite par ailleurs l'Etat à aider les communes à recouvrer la patente due aux collectivités par les grandes sociétés de télécommunications qui ont installé des antennes dans leurs périmètres.

"Si l'Etat nous aidait à recouvrer cette manne évaluée à des milliards, nous n'aurons plus besoin d'un accompagnement de sa part", a-t-il indiqué, rappelant que le décret mettant en place cette patente a été signée depuis 2006.

Le gouverneur de Louga, Alioune Badara Mbengue, a tenu à rassurer les maires, en leur signifiant que le PACASEN n'est qu'à sa phase test et que dans le futur, son impact rejaillira sur d'autres collectivités.

Selon lui, il y a une disposition qui impose à l'Etat la hausse du Fonds d'équipement aux collectivités locales à hauteur de cinq milliards de francs CFA chaque année.

A ses yeux, l'application de cette disposition va se traduire par une hausse du budget de ces collectivités locales.

D'autres bailleurs qui n'ont pas les mêmes critères d'éligibilité que la Banque mondiale s'intéressent à ce projet qui pourrait s'étendre à l'ensemble des collectivités locales à terme, a-t-il relevé.

Linguère, Dahra, Kébémer et Louga sont les quatre communes choisies dans la région du même nom pour bénéficier du PCASEN dont la phase de démarrage est prévue en mai.

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