22 Février 2018

Tunisie: Une si vieille amitié

interview

En 2008, nos collègues du Bardo sont venus me voir. Je dirigeais à l'époque le département des antiquités grecques, étrusques et romaines. Nous avons convenu d'un accord, et signé une convention dès 2009. Une seconde convention a été signée en 2016. Elles portaient sur une étude conjointe de la collection de sculptures romaines, et sur la formation de jeunes Tunisiens au métier de restaurateurs de sculptures. Un métier assez rare, mais dont la maîtrise s'avère essentielle au vu de l'importance de votre patrimoine.

Concrètement, que s'est-il passé depuis ?

Grace à des mécènes, nous avons pu monter un atelier de restauration, acheter des outils, tels que le matériel de levage, des matériaux tels que les résines nécessaires... Nous avons formé une dizaine de jeunes dont la plupart sont issus de l'Ecole des Beaux-Arts. Deux d'entre eux sont actuellement à l'Ecole des Beaux-Arts de Tours où on les forme aux techniques de restauration de la pierre. Ce sont des études longues. La première de ces étudiants terminera son cycle cette année, et la première restauratrice tunisienne sera donc une femme. Un troisième est initié aux techniques de montage des œuvres d'art : ce sera un métallier.

Ici, deux experts du Louvre viennent depuis 2010 passer trois semaines par mois au Bardo, encadrer les jeunes et les former. Nous espérons qu'ils pourront être recrutés à la fin de leur formation.

Quels sont les mécènes qui ont permis de monter cet atelier ?

Il s'agit essentiellement d'Air France, de l'UBCI, de l'ATUGE...

La coopération du musée du Louvre avec la Tunisie se développe-t-elle sous d'autres formes ?

Nous achevons actuellement, avec nos collègues chercheurs tunisiens et ceux de la Sorbonne, un catalogue des sculptures qui paraîtra aux éditions de la Sorbonne. Le travail scientifique en est pratiquement terminé. Nous sommes, évidemment, ouverts à toutes formes de coopération avec d'autres musées à rénover comme El Djem ou Dougga...

La convention prévoit également l'organisation d'expositions conjointes

Effectivement, comme celle sur le thème de «Patrimoine partagé». Nous souhaitons organiser, au Louvre et au Bardo, une grande exposition sur l'«Histoire de l'archéologie entre la France et la Tunisie». Car la Tunisie ayant très tôt instauré des lois sur la protection du patrimoine, il y a, dans les musées français, peu d'œuvres qui en proviennent. Ce serait, en fait, une exposition sur une passion partagée.

Et puis il y a le projet de reprendre, en l'enrichissant d'un volet archéologique, la magnifique exposition sur «L'éveil d'une nation» initiée par la Fondation Rambourg, qui relate un moment si riche de l'Histoire de la Tunisie. Il y a bien sûr tout un travail de recherche pour retrouver les œuvres qui ont quitté le pays au XIXe siècle, et qui se trouvent à Vienne, à Philadelphie ou aux Pays-Bas. Cette exposition est prévue pour 2021 et aura pour commissaire Ridha Moumni.

Tunisie

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