23 Février 2018

Cameroun/Togo: A la découverte des Togolais de l'Union de Douala

Bien que sur le déclin, le football camerounais attire toujours les talents étrangers. Ils contribuent à rehausser quelque peu la valeur de cette discipline en proie à mille et un tourments.

A l'Union sportive de Douala, s'est installée une petite colonie togolaise. Le contingent comprend trois joueurs. Outre le capitaine Benjamin Hedjakpo (devenu depuis près de deux ans membre de la sélection Espoirs du Cameroun), l'on y retrouve le milieu de terrain Serge Seko et le défenseur James Olufade. Tous espèrent faire une bonne saison et taper dans l'œil de recruteurs Européens. Allons à la découverte de ces pépites togolaises installées dans la capitale économique du Cameroun.

Déjà près de dix minutes que la séance d'entraînement d'Union de Douala de ce 21 février 2018 s'est terminée. Deux joueurs se retrouvent près d'un des arbres qui environnent le terrain du Centre multifonctionnel de Douala. Ce sont James Olufade et Serge Seko Atsou, deux joueurs d'origine togolaise qui devisent. Ils se retrouvent ainsi chaque fois qu'ils sont en dehors du terrain. Souvent avec l'autre « togolais » Benjamin Hedjakpo, le capitaine de l'Union sportive de Douala. « Nous sommes toujours ensemble. Nous vivons vraiment tout proches vu que nous sommes dans la même ville. Après les séances d'entraînement, après les matches, on est toujours ensemble, on discute, on parle de comment faire pour évoluer. Mais rassurez-vous, nous n'avons pas formé un clan togolais au sein de l'Union de Douala », indique le latéral gauche James Olufade.

Union compte aussi sur ces trois joueurs pour faire bonne figure cette saison. Ils devront faire oublier à ses supporters le cauchemar de 2017. L'équipe de la capitale économique du Cameroun Douala avait failli descendre en division inférieure. Si Seko Atsou veut tout faire pour aider son club à se classer parmi les 5 premiers au terme de cette saison lancée le 11 février 2018, Hedjakpo ne pense qu'au titre, l'ambition à laquelle doit selon lui, aspirer une formation de la trempe d'Union, qu'il considère comme « le meilleur club du Cameroun ». Les prochains adversaires des « Nassara-Gamakaï » (c'est le surnom d'Union de Douala) vont retrouver sur les terrains un trio ouest-africain expérimenté et bourré de qualités. Chacun d'eux à son histoire dans le foot. Un parcours qui en général débute au Togo et que le talent prolonge ici aux Cameroun sur la terre qui a vu naître les géants Roger Milla et Samuel Eto'o Fils.

Des Togolais qui réussissent au Cameroun

De tous les trois Serge Seko Atsou, 24 ans, est celui qui est arrivé au club en premier. Le milieu de terrain polyvalent rejoint les « vert-blanc » en 2013. Il arrive de Bangangté où il avait intégré les rang de Panthère sportive un an plus tôt en compagnie d'Olufade. Dans son pays, le vainqueur des trophées AZM et Olufade a défendu les couleurs des clubs locaux AC Merlan et Gomido. A l'Union, il connaît le succès. En 2015, l'excellent milieu relayeur sera élu à 3 reprises « meilleur joueur du mois ». Passeur décisif, il sera à l'origine de 8 des 12 buts que marque le goleador unioniste Samuel Nlend. Il s'en ira ensuite à la fin de l'année 2016 prêter main forte à ASA, club du championnat angolais menacé de relégation. Il contribue à son sauvetage et rejoint le Progreso de Sambizanga, une autre formation angolaise. En désaccord avec ses employeurs, il revient au Cameroun et s'engage avec Union pour un contrat qui court jusqu'en mai prochain. Durant son séjour en Afrique australe, Seko sera appelé chez les Eperviers, l'équipe nationale fanion du Togo.

Le deuxième dans l'ordre d'arrivée au sein de l'Union de Douala est James Olufade. Comme Seko Atsou, il a 24 ans. C'est un latéral gauche qui entame sa deuxième saison dans le club. Après avoir commencé sa carrière au Cameroun par Panthère en 2013, il va rejoindre New stars de Douala en 2015. Un an plus tard, il porte le maillot vert-blanc. La carrière d'Olufade (qui est un frère de l'ancien attaquant lillois et ex international togolais Adékanmi Olufade ) est lancée au cours de la saison 2008-2009. Il débute à l'AC Merlan de Lomé. Le centre de formation Olufade va le recruter lors d'un tournoi et le mettra à la disposition du Dyto de Lomé. Il y remporte le titre de champion avant de retourner à l'académie Olufade. « Il y a une loi au centre Olufade qui veut qu'après toute saison, tu reviens au centre, tu t'y entraînes et dès qu'il y a un tuyau quelque part tu repars. Donc après avoir été sacré champion du Togo, je suis rentré au centre de formation. Et c'est lors d'un festival des centres de formation qu'un manager camerounais nous a vus. Nous étions 5 Togolais quittant le centre de formation pour la Panthère sportive du Ndé », explique le défenseur. Olufade évoque la finale de la Coupe du Cameroun 2014 qui bien que perdue par Panthère du Ndé reste son meilleur souvenir dans son pays d'accueil.

Serge Seko : « le Cameroun est devant le Togo »

Benjamin Hedjakpo, 22 ans et donc (sans jeu de mots) le benjamin du trio d'originaires du Togo, n'en a pas la nationalité. Il détient un passeport camerounais. Il est le capitaine depuis le début de cette saison, sa deuxième à l'Union de Douala. Sa formation de footballeur a débuté à l'académie Planète Foot au Togo, s'est poursuivie à Ivoire Academie en Cote d'Ivoire avant qu'il rallie Douala et intègre International Sporting de Douala, au Cameroun. Durant les 3 ans qu'il passe dans cette structure du pays de son père, il dispute des tournois en Turquie et ailleurs. Il va défendre pendant deux saisons les couleurs de New stars de Douala. Sollicité par Franck Happi, le Président du conseil d'administration d'Union sportive de Douala, il ne résiste pas à l'attrait de ce qu'il appelle « une équipe mythique, qui fait rêver tous les jeunes ». Sollicité par les clubs camerounais Bamboutos de Mbouda, Coton sport de Garoua et Yong sport Academy de Bamenda à l'intersaison, Hedjakpo décline les offres. Le milieu de terrain ne voulait pas être dispersé et préférait la stabilité. Il débute sa carrière internationale chez les moins de 23 ans camerounais.

Quand il s'agit de comparer la pratique du football au Camerounais et au Togo, Olufade, et Seko qui ont évolué en première division au Togo trouvent des différences entre les deux. Pour le premier « le football camerounais est beaucoup plus physique. Ce qui oblige à être endurant contrairement à celui du Togo qui est plus technique et tactique ». Il confesse qu'il a dû comme d'autres nouveaux arrivants travailler pour se mettre au niveau physique voulu par les coaches. Il relève le niveau « très élevé » du championnat camerounais. « Le Cameroun est devant le Togo. Il manque souvent de l'argent mais tant que le championnat est professionnel ça va. Il passe à la télé alors qu'au Togo, ce n'est pas le cas. Le championnat est caché », déclare Serge Seko. En d'autres termes Benjamin Hedjakpo dit que « le football camerounais est plus médiatisé ». N'empêche, le pays leur manque. C'est ce que clame par exemple Olufade. Il le retrouve à chaque fois grâce à la magie du téléphone et d'Internet. Il reçoit alors les conseils des parents. En attendant de les revoir en chair et en os à l'occasion des prochaines vacances.

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