23 Février 2018

Burkina Faso: Procès du putsch manqué - « Le peuple veut la vérité », dixit Sidnoma Franck Sankara

Photo: L'Observateur Paalga
Les putchistes

La Coordination pour une justice équitable pour tous dans le dossier du putsch de septembre 2015 a organisé une conférence de presse le jeudi 22 février 2018 au Ran Hôtel de Ouagadougou, pour se prononcer sur le procès qui aura lieu le 27 février prochain à la salle des banquets de Ouaga 2000.

Au fur et à mesure que le procès du putsch manqué de septembre 2015 prévu pour le 27 février prochain approche, des voix s'élèvent de plus en plus pour réclamer plus de transparence et d'équité. C'est le cas de la Coordination pour une justice équitable qui, au cours d'une conférence de presse qui s'est tenue le jeudi 22 février dernier au Ran Hôtel, a interpellé toutes les composantes de la société burkinabè au sens du devoir patriotique. Selon le porte-parole de la coordination, Sidnoma Franck Sankara, ce procès du putsch constitue une occasion unique à saisir pour les mis en cause ainsi que les témoins présents sur le sol burkinabè ou absents pour « vider leur ventre » et dire la vérité sur cette affaire.

C'est pourquoi il a exigé que tous ceux dont les noms ont été cités, à quelque niveau que ce soit dans ce putsch manqué, soient auditionnés afin que la vérité se manifeste. Ce sont, entre autres, l'ex-chef d'Etat sous la Transition, Michel Kafando, le président Roch Marc Christian Kaboré, l'ex-Premier ministre Yacouba Isaac Zida, les anciens ambassadeurs de France et des Etats-Unis au Burkina Faso, respectivement, Gilles Thibault et Tulinabo Mushingi, sa majesté le Mogho Naaba Baongho, le cardinal Philippe Ouédraogo, sans oublier le Général Pingrenoma Zagré.

« Témoigner ne signifie pas culpabilité, et nous savons que certains qui sont cités comme témoins, pour les responsabilités qu'ils occupaient dans les hautes sphères de la hiérarchie militaire et de la société civile, ne peuvent pas ne pas avoir à dire sur ce putsch, si vraiment c'est la vérité que nous voulons faire éclater. Invite donc est faite à la Justice de prendre toutes les dispositions pour que tous soient présents à ce grand rendez-vous », a déclaré le coordonnateur. Il a jeté un pavé dans la mare de ceux qui, « tapis dans l'ombre, travaillent à ce que ce procès n'ait pas lieu ». « En effet, il nous revient que des groupes de jeunes, par arrondissements à travers la ville de Ouagadougou, sont en train de s'organiser autour d'individus mal intentionnés aux fins de les instrumentaliser dans le cadre de ce putsch.

Ces jeunes auraient pour mission d'aller occuper les premiers rangs de la salle d'audience pour huer les détenus. Si cela est vrai, nous invitons les initiateurs de ce projet à l'abandonner », a-t-il menacé. Sankara Sidnoma Franck s'est par ailleurs interrogé sur les motivations de ces personnes qui s'organisent pour saper la tenue de ce procès pourtant très attendu par le peuple burkinabè et la communauté internationale. « Nous invitons les autorités compétentes à prendre toutes les dispositions pour que cela ne se produise pas. Le peuple veut la vérité et la justice. Alors, qu'on laisse la Justice faire son travail », a-t-il dit pour conclure.

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