23 Février 2018

Sénégal: Rapport Amnesty international 2017-2018 - La police, la gendarmerie et la douane pointées du doigt

Les droits à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d'expression sont restés soumis à des restrictions au Sénégal. Les conditions de détention demeuraient particulièrement dures. Peu d'efforts ont été faits pour empêcher les auteurs des violations des droits humains de bénéficier de l'impunité. C'est ce qui ressort, globalement du rapport d'Amnesty International pour l'année 2017-2018. Ce document a été publié hier, jeudi 22 janvier.

Amnesty international a présenté hier, jeudi 22 février son rapport 2017/2018 qui rend compte de la situation des droits humains dans le monde en 2017. Il couvre 159 pays et territoires. Ce rapport a fait état de certains faits survenus en 2017 et qui ne peuvent être tus, au vu de leur gravité du point de vue des droits humains. Pour ce qui est de la situation du Sénégal, ce rapport dénonce le fait que la liberté de réunion est bafouée dans ce pays.

En effet, selon Amnesty International, les autorités ont interdit des manifestations pacifiques et arrêté des manifestants, en particulier à l'approche des élections de juillet. «En juin, les forces de sécurité ont blessé deux personnes par balles et roué de coups plusieurs autres manifestants lors d'une marche organisée à Touba pour dénoncer les mauvais traitements infligés à un adolescent de 14 ans par les membres d'une association souvent présentée comme une «police religieuse».

La police a démenti avoir ouvert le feu sur les manifestants et promis d'ouvrir une enquête. Les résultats de l'enquête ne sont toujours pas connus. Yamadou Sagna, un jeune orpailleur habitant le village de Kobokhoto, dans la région de Kédougou, a été tué par un auxiliaire des douanes au mois de février 2017. Une autre personne, un pèlerin bissau-guinéen du nom d'Abdoulaye Baldé, a été tué par un agent des douanes à Nianao, dans la région de Kolda au mois de février 2018», listent les camarades de Seydi Gassama.

MANQUE DE LIBERTE D'EXPRESSION : L'ARRESTATION D'AMY COLLE DIENG ET D'OULIMATA MANE

Suivant Amnesty International, il n'existe pas au Sénégal une liberté d'expression. Pour preuve, l'Ong relève dans son rapport que des journalistes, des artistes, des utilisateurs des médias sociaux et d'autres personnes qui exprimaient des opinions dissidentes ont été arrêtées de manière arbitraire.

« Le 30 juin, la journaliste-photographe Oulèye Mané et trois autres personnes ont été interpellées pour «publication d'images contraires aux bonnes mœurs» et «association de malfaiteurs» après avoir partagé des photographies du président Macky Sall sur le réseau social WhatsApp. Elles ont été libérées le 11 août. La chanteuse Ami Collé Dieng a été arrêtée à Dakar le 8 août et accusée «d'outrage au chef de l'Etat» et de «diffusion de fausses nouvelles» après avoir envoyé sur WhatsApp un enregistrement sonore critique à l'égard du président Sall. Elle a été remise en liberté le 14 août».

Le problème de la surpopulation carcérale persiste et les conditions de vie dans les établissements pénitentiaires étaient toujours très éprouvantes. Selon le rapport, au moins quatre personnes sont mortes en détention ; deux d'entre elles se seraient pendues. Des dizaines d'autres étaient maintenues en détention pour de longues périodes dans l'attente de leur procès pour des accusations liées au terrorisme.

«Le procès de l'imam Alioune Badara Ndao s'est ouvert le 27 décembre, alors que cet homme avait déjà passé plus de deux ans en détention pour plusieurs chefs d'inculpation, notamment «actes de terrorisme» et «apologie du terrorisme». Il n'a pas pu bénéficier du traitement médical dont il avait besoin en dépit de la détérioration de son état de santé», déplorent les droits de l'hommistes.

Dans la foulée, Amnesty International trouve que l'Etat du Sénégal tarde à prendre les mesures qu'il faut pour assurer l'indépendance de l'Observateur National des Lieux de Privation de Liberté, Autorité administrative indépendante qui ne doit être rattachée ou placée sous la tutelle d'aucun ministère comme recommandé par le sous-comité pour la prévention de la torture (SPT). Selon l'Ong, au-delà des problèmes liés à leurs statuts, ces deux institutions doivent être dotées de ressources humaines et financières suffisantes pour remplir leur mission.

AMNESTY INTERNATIONAL SUR L'AFFAIRE KHALIFA SALL : «Cela confirme le caractère ciblé des poursuites lancées»

«L'affaire Khalifa Sall confirme le caractère ciblé des poursuites lancées dans le cadre de la lutte contre la corruption et le détournement des deniers publics ». Cette remarque a été faite par Amnesty International dans son rapport annuel rendu public hier, jeudi 22 février.

Ces poursuites semblent viser uniquement des leaders de l'opposition alors qu'aucune suite n'est donnée aux rapports des corps de contrôle de l'Etat concernant la gestion des personnalités proches du pouvoir. « Nous observons une absence d'égalité des citoyens devant la justice qui est tout à fait inacceptable dans un Etat de droit et qui doit prendre fin immédiatement», lit-on dans le document. Selon Seydi Gassama, président d'Amnesty Sénégal, c'est la première fois qu'au Sénégal qu'une personne est arrêtée pour de tels faits et qu'on lui refuse la liberté provisoire.

LIBERTE DE MANIFESTATION : Amnesty international demande l'abrogation de l'arrêté Ousmane Ngom

Dans son rapport 2017-2018 Amnesty International recommande l'abrogation de l'arrêté de 2011 plus connu sous le nom de l'arrêté Ousmane Ngom. Selon Seydi Gassama et Cie cet arrêté doit être abrogé car contraire à la constitution du pays et notamment au code électoral qui autorise les partis et candidats à organiser des manifestations partout sur le territoire national pendant les campagnes électorales.

Aussi, demandent-il l'application des lois en vigueur qui interdisent et punissent l'exploitation des enfants par la mendicité, et notamment la loi n°2005-06 du 10 mai 2005 relatif à la lutte contre la traite des personnes et pratiques assimilées et à la protection des victimes. Ils recommande également de réformer la loi portant statut de la magistrature afin de renforcer l'indépendance des magistrats du siège et redéfinir le lien entre le parquet et le ministre de la justice ainsi que de réformer le Conseil Supérieur de la Magistrature pour garantir son indépendance de l'Exécutif comme stipulé par la constitution. Le Président de la République et le ministre de la justice ne doivent plus siéger au Conseil Supérieur de la Magistrature. Le Président entérine les délibérations du Conseil Supérieur de la Magistrature notamment les nominations comme la constitution lui en donne le pouvoir.

Sénégal

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