24 Février 2018

Sénégal: Amnesty Sénégal sur le Procès Khalifa Sall - « Un acharnement contre un adversaire politique »

Dans son rapport 2017-2018 présenté avant-hier, Amnesty Sénégal s'interroge sur l'indépendance de la justice au Sénégal et dénonce un «acharnement» contre le maire de Dakar, Khalifa Sall.

La célérité de l'enquête, les conditions d'arrestation de Khalifa Sall, le rejet de sa caution, le refus de sa libération après son élection à l'Assemblée nationale.

Tout cela emmène Amnesty international à conclure dans son rapport 2017-2018 que l'affaire de la caisse d'avance de la ville de Dakar est purement politique. «C'est rien d'autre que de la politique.

Les faits le démontrent. Et c'est très grave pour le Sénégal et sa démocratie», a dénoncé Seydi Gassama à l'occasion de la cérémonie de présentation dudit rapport.

«Tout le monde sait aujourd'hui qu'il s'agit d'un acharnement contre un adversaire politique», a dit le directeur exécutif d'Amnesty Sénégal, qui parle de «graves violations» du droit de la défense.

«Nous avons constaté qu'aujourd'hui tous les Sénégalais ne sont pas égaux devant la loi. Et cela amène à s'interroger sur l'indépendance de la justice», a estimé Seydi Gassama.

Dans son rapport, l'Ong internationale dénonce également les interdictions de marches pacifiques. Amnesty relève que plusieurs manifestants ont été «brutalisés et arrêtés» en 2017, en particulier à l'approche des élections législatives

. «En juin, les forces de sécurité ont blessé deux femmes par balle et roué de coups plusieurs autres manifestants lors d'une marche organisée à Touba», souligne Amnesty Sénégal, qui regrette aussi l'arrestation de jeunes partisans de Khalifa Sall pour «troubles à l'ordre public» en juin et l'usage de gaz lacrymogènes et de matraques pour réprimer une manifestation pacifique organisée par l'ancien président Abdoulaye Wade en juillet.

«Ce sont des faits qui montrent le recul enregistré», a commenté Seydi Gassama. Sur la liberté d'expression, le rapport fustige l'intimidation et l'arrestation de journalistes, d'artistes et d'utilisateurs de réseaux sociaux.

Le document cite nommément la journaliste Oulèye Mané interpellée pour «publication d'images contraires aux bonnes mœurs» et la chanteuse Ami Collé Dieng arrêtée à Dakar le 8 août pour «outrage au chef de l'État» et de «diffusion de fausses nouvelles».

40 des 45 prisons surpeuplées

Dans son rapport, Amnesty internationale dénonce les conditions de vie éprouvantes des détenus et le surpeuplement des prisons du Sénégal.

«Au moins quatre personnes sont mortes en détention, deux d'entre elles se seraient pendues», note le document. «40 des 45 maisons d'arrêt du pays sont surpeuplées. Cela est inacceptable», a lancé, préoccupé, Seydi Gassama.

L'Ong encourage le Sénégal à construire de nouvelles prisons. « l nous faut des prisons humanisées pour faciliter la réintégration des ex-détenus dans la société», a estimé le directeur exécutif d'Amnesty Sénégal, également préoccupé par le sort de l'imam Aliou Ndao en détention depuis plus de deux ans pour «actes de terrorisme» et «apologie du terrorisme».

«Amnesty suit de près ce procès parce que nous tenons à ce que le droit soit dit sans interférence», a soutenu M. Gassama, qui constate aussi, pour le déplorer, l'absence d'une volonté politique sur la situation des enfants de la rue. «Les enfants sont exploités quotidiennement.

Et personne ne parle plus de cette situation», a regretté Seydi Gassama, qui invite l'Etat à apporter une solution durable à la mendicité des enfants.

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