27 Février 2018

Afrique Centrale: Appel à la démission de Kabila - Qui pour emboiter le pas au Botswana ?

analyse

Dans cette Afrique où les hypocrisies bouclent inlassablement des âmes dans une vie enténébrée, la sortie du gouvernement botswanais sur la crise socio-politique en RDC marque les esprits.

En effet, en exhortant « la communauté internationale à mettre davantage de pression sur le régime congolais pour l'amener à renoncer au pouvoir et à ouvrir la voie à l'instauration d'un nouveau régime politique », le Botswana apporte, un tant soit peu, du baume au cœur de ces millions de Congolais soumis aux affres de la dictature de Joseph Kabila agrippé à son fauteuil présidentiel malgré la fin de son mandat en 2016 et qui semble peu enclin à ouvrir sa succession.

En renvoyant par deux fois aux calendes congolaises les dates des élections tout en foulant aux pieds l'Accord de la Saint-Sylvestre de fin décembre 2016, alors censé sortir le pays de l'impasse, réprimant dans le sang les manifestations contre ses velléités de pouvoir à vie, l'homme fort de Kinshasa voudrais afficher une réelle volonté de ne pas quitter le pouvoir de sitôt qu'il ne s'y prendrait pas autrement.

Le constat étant qu'en sus de la crise d'alternance au sommet de l'Etat congolais, l'insécurité est galopante avec son corollaire de dégradation de la situation humanitaire, le Botswana n'a pu contenir son exaspération. Et en invitant, de façon incisive, Kabila à débarrasser le plancher pour soulager les souffrances du peuple congolais, il met le locataire du Palais de marbre et la communauté internationale devant leurs responsabilités. C'est dire que ce petit pays d'Afrique australe a eu une attitude tellement courageuse que son coup de pied dans la fourmilière congolaise ne doit pas laisser de marbre les dirigeants des autres pays africains. Alors qui pour emboiter le pas au Botswana ?

Les Congolais ne sont pas seuls dans leur combat pour la démocratie

Cela dit, comme pour donner raison au Botswana qui dénonce aussi l'incapacité même de Kabila à sécuriser le pays, le Kasaï central était, le lundi 26 février dernier, encore troublé par des affrontements armés entre les miliciens Kamuina Nsapu et l'armée régulière, faisant une quinzaine de morts. Si le Botswana a eu le courage de dire tout haut ce que nombre de pays d'Afrique et d'ailleurs pensent peut-être tout bas, il faut saluer cette sortie à la hauteur de son importance. En ce sens que cela a l'avantage de montrer aux Congolais qu'ils ne sont pas seuls dans leur combat qu'ils mènent pour la démocratie.

Le Réseau européen pour l'Afrique centrale (EurAc) est, lui aussi, depuis quelque temps dans la même dynamique de soutien au peuple congolais. Il vient de dénoncer « l'apathie et la résignation dans lesquelles se trouve l'Union européenne (UE), incapable d'agir concrètement et fermement pour dénoncer un régime congolais qui ne respecte aucun engagement. » Ne dit-on d'ailleurs pas que « c'est par notre silence que nous sommes le plus coupables » ? Il est à espérer que son cri du cœur soit entendu ; lui qui, en plus de la cessation de toute coopération militaire et policière avec la RDC, demande la mise en place d'enquêtes «véritablement indépendantes » sur les violences des 25 février, 21 janvier 2018 et du 31 décembre 2017, ainsi que celles des mois de septembre et décembre 2016.

Et ce n'est pas le simulacre de procès organisé, hier, par le régime congolais et qui a abouti à la condamnation à perpétuité d'un soldat qui serait auteur de la mort d'un manifestant du 25 février, qui pourra calmer la détermination de ces ONG européennes qui contribuent, sans doute, à ce que la mayonnaise de la lutte pour "la libération de la RDC" prenne.

Botswana

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