2 Mars 2018

Centrafrique: Menace sécuritaire - Le casse-tête permanent

Photo: Joris Hentenaar/Stichting Vluchteling
Seleka fighters stationed at St. Joseph Parish, September 5. In July, 27 civilians were killed when Seleka fighters and other armed combatants attacked thousands of people sheltering at the parish.

La situation sécuritaire reste précaire en République centrafricaine (RCA). Plusieurs régions du pays échappent au contrôle des autorités centrales. Le nord de la RCA est particulièrement instable.

Dimanche 25 février dernier, six travailleurs humanitaires, dont un du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) ont été tués dans le nord-ouest, selon la mission de l'ONU dans le pays.

L'attaque n'a pas été revendiquée et à ce jour, il n'est toujours pas possible d'indiquer l'identité des agresseurs. Une chose est constante, c'est que depuis de nombreuses années, des groupes armés s'affrontent pour le contrôle du diamant, de l'or et du bétail dans le pays.

Cette situation s'est aggravée à partir de 2013 avec la chute du régime de l'ex président François Bozizé qui a conduit à une quasi guerre civile. Depuis lors, la Centrafrique vit dans une instabilité permanente.

En quelques années, les groupes armés n'ont cessé de gagner du terrain. Longtemps confinés dans le nord, ils sont désormais actifs un peu partout sur le territoire et ont même chassé dans certaines provinces, les représentants de l'Etat (préfets et sous-préfets).

Pire, l'action des groupes armés a mis en relief des clivages ethniques et des luttes d'intérêt économiques sans une grande coordination, avec pour conséquences des exactions incontrôlées.

Ainsi, plusieurs rapports relèvent qu'au cours de l'année 2017, les luttes territoriales entre factions de l'ex-Seleka qui a fait tomber François Bozizé, ont notamment suscité l'expansion du mouvement anti-balaka qui se pose en « groupes d'autodéfense » des populations.

De fait, la situation humanitaire s'est considérablement dégradée, parce que les différents groupes pour préserver leurs intérêts ou positions, se montrent particulièrement violents. Le désarroi des populations civiles est tel qu'en 2017, on a atteint le chiffre record de 1,1 million de personnes déplacées et réfugiées.

Dans ces conditions, les besoins humanitaires ont explosé, alors que dans le même temps, les financements diminuent. Pour ne pas arranger les choses, les groupes rebelles tirent dans le tas et même les humanitaires sont de plus en plus victimes du conflit.

En 2017, treize d'entre eux ont ainsi été tués. Et à maintes reprises, les ONG ont été contraintes de suspendre leurs activités sur le terrain pour des raisons de sécurité.

Pourtant, les Nations unies ont jusqu'ici déployé en Centrafrique plus de 10 000 casques bleus et envisagent d'en recevoir 900 de plus. Mais visiblement, leur présence ne dissuade pas beaucoup les milices qui n'hésitent pas à prendre pour cibles les troupes onusiennes.

Ainsi en mai, la Minusca a perdu des casques bleus lors d'une embuscade des miliciens anti-balaka. Le Secrétaire général de l'ONU qui a visité la Centrafrique en 2017, a effet insisté sur un « dialogue politique renforcé » Les Nations unies n'ont à l'évidence pas de solution à proposer pour sortir la Centrafrique du marasme.

En tout état de cause, si la tentation de la résignation est grande, il faut éviter qu'elle ne s'installe dans les esprits. La crise centrafricaine n'est pas une fatalité. Un réel espoir de changement est bien né après les élections de 2016.

Avec les moyens du bord, le président Faustin Archange Touadéra et son gouvernement ont essayé de sensibiliser leurs compatriotes de toutes les obédiences de la nécessité de faire la paix. Mais il faudrait que les Centrafricains prennent eux-mêmes le destin de leur pays en main.

Il est impératif d'éviter que s'installent durablement un système de conflits (entre groupes armés, entre communautés, entre groupes d'intérêts) et des rapports de forces militaro-économiques.

L'exemple de l'est de la République démocratique du Congo (RDC), est la preuve que la logique de la guerre ne profite à personne et prolonge indéfiniment les souffrances du peuple.

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