3 Mars 2018

Mauritanie: Accord gazier avec la Mauritanie, rapport d'Amnesty international, CPI... - Les éclairages de Me Sidiki Kaba

interview

C'est devant la Conférence des Nations-Unies pour le Désarmement, où il s'est exprimé devant la communauté internationale, que le ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l'extérieur, Me Sidiki Kaba debout, a répondu aux interpellations du « Soleil » de Dakar pour éclairer l'opinion et les Sénégalais.

Un opposant vous demande de publier l'accord gazier avec la Mauritanie. Avez des clarifications à faire, aux Sénégalais, à ce sujet ?

Le Sénégal a choisi de signer un accord de partage, avec la Mauritanie, du gaz découvert aux larges de Saint-Louis. C'est un accord historique dans la mesure où, au lieu de choisir la guerre, les deux pays ont choisi la paix pour la prospérité des peuples. Il y a, avec cet accord, une belle exemplarité de coopération sud-sud à magnifier qui montre qu'il est possible d'exploiter, avec sérénité, les ressources que la nature nous a données. Pour le reste, la procédure est très simple et il faut bien la comprendre. Quand un accord est signé, il faudrait saisir l'Assemblée nationale pour autoriser le Président de la République à le ratifier. Nous n'en sommes pas encore à ce stade. En effet, lorsque le moment arrivera, j'irai, au nom du gouvernement, présenter le rapport devant le parlement sénégalais. Et ce n'est qu'après l'adoption du rapport par l'Assemblée nationale que le Président de la République pourra le ratifier. Ces étapes respectées, le rapport deviendra ainsi public et accessible à toutes et à tous ! De manière générale, concernant les industries extractives, le Sénégal qui revient d'Oslo est hautement classé car son rapport est conforme à l'Initiative sur les industries extractives à laquelle il fait partie. C'est dire que la transparence est le marqueur de tout ce que le gouvernement accomplit dans ce domaine. Comme vous le savez, pour répondre à ceux qui veulent semer le trouble dans la tête de nos populations, tout ce qui est excessif est insignifiant !

Le Sénégal est largement bien élu au Conseil des droits de l'Homme et intègre un cercle envieux des pays respectant les droits humains, n'est-ce pas un défi ?

Le Sénégal est dans le peloton de tête des pays respectueux des droits humains, en atteste sa brillante élection, à New York, au Conseil des droits de l'Homme de Genève, avec un score favorable de 188 sur 193 pays. C'est, en effet, le premier de la classe ! Cela montre que notre pays fait des progrès dans tous les domaines liés au respect des droits humains. Cela nous encourage naturellement à aller de l'avant.

Le Sénégal est-il un paradis des droits humains parce qu'il a présidé le Conseil de sécurité et est élu juste après brillamment au Conseil des droits de l'Homme ? Amnesty a émis de fortes critiques. Qu'en dites-vous ?

Il faudrait chercher le paradis des droits de l'Homme. Il n'existe peut être pas sur terre mais le Sénégal est loin d'être un enfer des droits humains. Si la communauté internationale reconnaît que ce pays respecte les droits de l'Homme, on pourrait au moins s'arrêter sur un point : c'est que ce constat est conforme à la réalité. Une réalité que l'on peut voir à tous les niveaux, dans la manière avec laquelle les choses se déroulent au Sénégal. La liberté de marche de protestation est reconnue de même que la liberté de la presse est confirmée et attestée. Nous avons une pluralité de télévisions, de journaux et de radios. Les journalistes peuvent dire ce qu'ils pensent et font librement leurs analyses. Aucun défenseur des doits humains n'est arrêté ni incarcéré. Les institutions de la République fonctionnent. Des élections démocratiques sont organisées régulièrement et le peuple souverain choisit librement ses dirigeants. Tout, fonctionne, au Sénégal pour que l'expression des droits puisse s'exercer et c'est, d'ailleurs, le fondement de notre stabilité politique et de l'exemplarité de notre démocratie.

Vous aviez fait de la lutte contre l'impunité un cheval de bataille. Que peut-on retenir de votre passage à la Cour pénale internationale (Cpi) ?

Comme vous le savez, je suis le premier Africain à être élu à l'Assemblée des Etats-parties au statut de Rome de la Cour pénale internationale. C'est l'un des évènements majeurs des succès de la diplomatie sénégalaise parce que c'est le président de la République, Macky Sall, lui-même, qui avait soutenu et promu ma candidature. Et, à l'unanimité, j'ai été élu président de l'Assemblée des Etats parties, le 8 décembre 2014. J'ai mené, à ce titre, un travail responsable au moment où l'Afrique menaçait de quitter, en masse, la Cpi. Un dialogue constructif a abouti à un compromis dynamique en laissant entendre que tous les pays pouvaient adhérer, par un acte de souveraineté, au Statut de Rome. Finalement, il n'y a pas eu ni d'adhésion en masse, ni de retrait collectif. Cela est un signal positif et dans une certaine mesure, une victoire pour la justice internationale. Il faudrait donc que les Etats puissent faire face, en cas de crime contre l'humanité, de crime de guerre ou de génocide afin que la justice soit rendue aux victimes. Si cela est fait, la Cpi sera moins sollicitée. Nous insistons donc pour qu'il y ait complémentarité.

Mauritanie

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