5 Mars 2018

Congo-Kinshasa: Joseph Kabila rencontre les PDG des sociétés minières

Photo: allafrica.com
Des mines

En RDC, le président Joseph Kabila recevra ce mardi 6 mars les plus grands PDG des sociétés minières. L'adoption de la révision du code minier par le Parlement à la mi-décembre n'a finalement pas été promulguée par le président Kabila et le délai de 30 jours a déjà expiré. Mais les miniers s'inquiètent toujours.

Ils avaient demandé un rendez-vous début février au chef de l'Etat congolais qui leur a donc finalement été accordé.

Pour l'Etat congolais, l'enjeu est d'obtenir davantage des réserves mondiales de cobalt. Son sous-sol détient plus de 50 % des réserves de ce minerai qui, à cause du développement des batteries électriques, a connu une hausse des prix de plus de 70 % l'an dernier.

Le premier code minier a été adopté en 2003 et il est toujours en vigueur. Le pays s'en était doté après la guerre et à l'époque, il était plutôt favorable aux exploitants. Il s'agissait en effet d'attirer les investisseurs qui auraient pu être rebutés par l'image d'instabilité du pays.

Il était prévu qu'il ne s'agissait que d'un code transitoire, en attendant une nouvelle législation dont la négociation devait se faire main dans la main avec les miniers, mais les discussions ont été repoussées régulièrement.

Puis l'an dernier, coup de théâtre. En pleine crise économique, la réforme est adoptée avec une hausse de presque toutes les taxes dont la redevance minière. Celle-ci pourrait même être multipliée par 10 pour certaines substances, dont le cobalt, par un simple acte administratif.

A la suite de l'adoption de ce code, sept des plus grandes sociétés minières du pays ont décidé de se constituer en association, affirmant ouvertement que la Fédération des entreprises du Congo n'avait pas su représenter leurs intérêts dans ces négociations.

Certaines, comme Glencore, se disent même d'ores et déjà prêtes à porter l'affaire en justice car la RDC n'aurait pas respecté ses engagements. « S'ils veulent leurs voitures électriques, ils vont devoir payer, c'est tout », rétorque un officiel congolais.

Ne pas céder à la pression

Des économistes et avocats congolais du collectif Makutano demandent au président congolais de ne pas céder à la pression.

Le chef de l'Etat « n'a pas le droit à l'erreur face à ceux qui viennent pour défendre les intérêts de leurs sociétés », explique un membre de ce collectif, joint par RFI. Al Kitenge pense que Joseph Kabila doit rester dans son rôle de garant de la nation et défendre les intérêts de la République.

« Un pays est géré par les institutions du pays et non par les opérateurs économiques. Ce serait une erreur grave de penser que la République peut être poursuivie parce que simplement elle essaye de défendre les intérêts de la Nation », a-t-il précisé.

« Aujourd'hui, un contrat ou une convention nationale ou internationale a ceci de particulier, elle doit être équitable.

Dans la situation d'aujourd'hui, il est évident que ce code minier dans sa version de 2002 était extrêmement généreux vis-à-vis des opérateurs économiques. Il était important que, dans un cadre légal, il soit révisé », a ajouté Al Kitenge, membre du collectif Makutano.

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