6 Mars 2018

Tunisie: Ces innovatrices qui font la différence

Elles étaient nombreuses, les femmes entrepreneures à avoir déposé leurs dossiers lors de l'ouverture des candidatures en janvier dernier car l'audace, l'initiative, la prise de risques n'appartiennent à aucun genre en exclusivité.

Parmi plus de 100 candidatures, couvrant l'ensemble des gouvernorats, 5 ont reçu des trophées, et une seule portera le titre honorifique de Femme entrepreneure de l'année 2017. Cinq secteurs d'activité ont été sacrés: l'industrie, les TIC et services, la culture, l'artisanat et l'agribusiness.

Transformation de la figue de Barbarie

Cette année, le jury était composé de Habib Karaouli, président du jury et P.-d.g de CAP Bank, Ralf Erbel, représentant résident de la Fondation Friedrich Naumann pour la liberté, Olfa Soukri, députée, Douja Gharbi, DG de TechDeco et experte en entrepreneuriat, Alif Mnif, Country Manager de Silatech, Samira Belkadhi, directeur développement durable à la BTK, et Sahar Mechri Kharrat, directrice du magazine le Manager.

Le trophée de l'Agribusiness, sponsorisé par Tunis Ré, a été attribué à Lobna Dems pour son projet de transformation de la figue de Barbarie biologique.

Elle commercialise l'huile de pépins issue des figues de Barbarie biologiques pour l'usage cosmétique et agroalimentaire (vinaigre bio, moringa bio).

Lobna Dems a concrétisé son idée suite à ses recherches scientifiques et à un simple constat: disponibilité de la matière première pourtant non valorisée.

Pour sa part, Hayet Nasra a reçu le trophée de l'Artisanat, sponsorisé par la Caisse des Dépôts et Consignations.

Passionnée par l'histoire de la région où elle a grandi, Hayet Nasra, originaire de Gafsa, confectionne de la tapisserie moderne, klim et margoum, représentant l'héritage culturel d'une civilisation vieille de 3.000 ans.

Le trophée de la Culture, sponsorisé par la Banque de l'Habitat, a été décerné à Cyrine Gannoun qui a axé ses efforts sur le Théâtre El Hamra, l'une des premières salles de cinéma en Tunisie depuis 1922. Laissée à l'abandon, elle fut revigorée par le grand homme de théâtre tunisien feu Ezzeddine Gannoun, décédé en 2005.

Transformée en un foyer d'arts et de culture depuis 1987, sa fille Cyrine Gannoun, qui a repris le flambeau, en a fait une plateforme pour jeunes talents où elle produit entre 2 et 6 spectacles de théâtre et de danse par an.

De même, le théâtre El Hamra abrite le Centre arabo-africain de formation et de recherches théâtrales pour les jeunes professionnels issus des pays arabes et africains et opérant dans toutes les spécialités des arts, métiers et techniques de la scène.

Economiser le carburant

Emna Ben Ali est la gagnante, quant à elle, du Trophée TIC et services, sponsorisé par Tunisie Télécom. Son projet comprend l'Internet des objets (IoT), l'automatisation industrielle, la réalisation de cartes électroniques et la centralisation de l'éclairage public par Internet. Son idée a jailli suite aux stages effectués au sein de la direction régionale des équipements et la Société tunisienne d'électricité et de gaz.

L'Internet des objets appliquée à l'éclairage public est une innovation permettant de réduire l'énergie, le budget de l'éclairage public et d'économiser le carburant, tout en facilitant la tâche des ouvriers qui se déplacent pour entretenir ou vérifier l'état de l'éclairage public. Elle est également lauréate du Prix national du meilleur plan d'affaires en 2014.

Le grand Titre de « Femme Entrepreneure de l'Année 2017 » revient à Leïla Ben Braiek Ayadi, qui remporte le trophée pour l'Industrie.

La lauréate opère dans la construction métallique et mécanique. Son entreprise est spécialisée dans l'étude, la fabrication et le montage des usines de production, les systèmes de manutention et de convoyage, la chaudronnerie en acier noir et en inox.

Elle est originaire de la Ghraba, à Sfax. Ancienne directrice administrative et financière d'une société de construction métallique et mécanique, elle prend son courage à deux mains pour se lancer en 2009 dans l'aventure entrepreneuriale avec la SLPI « Société le Progrès Industriel ».

Leïla a essuyé de nombreux échecs et a été confrontée, à maintes reprises, aux difficultés de l'environnement économique et social, particulièrement après 2011.

Son objectif: prouver que la femme tunisienne est capable de réussir dans tous les domaines, même dans la transformation des métaux. De quoi éveiller les esprits et redonner du punch à celles, mais aussi à ceux, qui n'osent pas encore se lancer dans le monde des affaires!

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