7 Mars 2018

Congo-Kinshasa: Elixir de jouvence ?

Longue vie au Roi ! La phrase est connue pour être scandée, gosier déployé, dans la cour d'un suzerain. Evidemment que les sujets savent que le souverain ne peut vivre à jamais. Mais, c'est le geste sans nul doute.

Au-delà de l'épisode des slogans très "vole-bas" Wumela et Yebela qui cadrent avec ce cri, présentement, sur la scène politique congolaise, bon gré mal gré, une forme de consensus sourd semble se former dans le chef de politique pour clamer : "longue vie ". Non pas au Roi mais, ici, à une Reine, entendez la crise politico-électorale congolaise de rigueur au pays depuis fin 2016. La raison de la genèse de cette impasse est plus que connue.

A savoir, la fin du deuxième et dernier mandat du Président Kabila, toujours en place, alors que les élections ne pouvaient, selon les dires de la CENI, être tenues cette année là, conformément à la Constitution. La période transitoire extraconstitutionnelle qui s'imposait était porteuse de bien de promesses contradictoires. Et, malgré le dialogue de Kodjo puis l'Accord issu des discussions directes, ces promesses sont tenues même deux ans plus tard.

Au finish, en effet, toutes déductions faites, le constat est là. 2017 est passé mais, les élections ne sont toujours pas à conjuguer au présent. Encore moins avec sourire au passé. Ces joutes sont toujours en perspectives. Un horizon brumeux de par le décor actuel. Pourquoi ? Parce que, simplement, ces élections sont jugées non inclusifs à l'Opposition et Cie. Que ce soit les pro-élections, à l'instar de l'UNC, le MLC, l'AR tout comme l'Udps/G7, un trait commun est à établir. Tous, en clair, attendent les derniers signaux du tandem CENI/Pouvoir après les consultations de la centrale électorale, principalement sur deux sujets. L'usage de la machine à voter et la décrispation politique sur fond de la redynamisation de la CENI.

Aux Nations Unies, le ceinturage du processus électoral est d'actu. Le mandat de la Monusco devra être retouché par le Conseil de sécurité avant le 31 mars et l'idée de l'élargissement de la mission onusienne vers la certification des machines à voter ou plus loin de la certification même des résultats des élections fait son bonhomme de chemin. Le virage en cours est donc de haute portée politique.

Alors que l'attente de la négociation de ce cap est attendue, une nouvelle donne surgit sur l'agora politique congolaise en plus des heurts enregistrés après marche. Il s'agit, évidemment, de la publication - attribuée à la Vice-primature de l'Intérieur- de la liste de partis politiques devant participer aux prochaines élections. Laquelle liste zappe, le mot est bien usité, un bon nombre, si pas tous les partis politiques de l'Opposition dont certains ont même échangé avec la CENI dans le cadre de ses consultations.

Ballon d'essai ? Peut-être. Mais, dans un tableau corsé MP-Opposition/CLC et même mouvements citoyens, cette nouvelle vient s'ajouter sur d'autres fâcheux sujets pour nourrir l'élixir de jouvence de la crise politico-électorale congolaise. Car, cette goutte pourrait faire déborder le vase du supportable des opposants. Et, tout indique que le coup de colère qui en résultera ne viendra que nourrir la crise. Donc, les politiques ne vont-ils œuvrer qu'à chanter longue vie à la crise ? C'est le temps de rectifier le tir et jouer sur la fibre de l'inclusivité.

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