13 Mars 2018

Tunisie: Journalistes de sport ou reporters de guerre ?

Notre confrère en question n'est autre qu'Anis Sahbani, journaliste à Express FM et commentateur sportif à El Wataniya 1. Son unique péché est d'être allé au stade de Sousse pour faire son travail.

Joint hier matin par téléphone et visiblement encore sous le choc, il a bien voulu nous livrer son témoignage et nous raconter sa mésaventure : «Comme tout journaliste sportif exerçant en Tunisie, j'ai l'habitude de vivre des scènes de violence lors de mes couvertures des matches de la Ligue 1. Mais ce que j'ai vécu dimanche après-midi dépasse de loin tout ce que j'ai pu traverser comme mésaventures tout au long de ma carrière professionnelle. Ce qui m'a choqué le plus, c'est l'ampleur de la violence qui a régné au stade», nous a-t-il confié, avant de poursuivre et nous raconter le calvaire qu'il a vécu avec son collègue Lotfi Khaled qui commentait avec lui le match ESS-CA en direct sur la chaîne El Wataniya 1 : «Tout s'est déclenché lorsque l'arbitre a sifflé un penalty en faveur du Club Africain.

Je ne comprends toujours pas pourquoi les mécontents de la décision de l'arbitre se sont acharnés sur les journalistes. Le temps que les forces de l'ordre assurent la sécurité de nos confrères de la presse écrite, ils ont mis un quart d'heure pour monter jusqu'à la cabine où je commentais le match avec mon collègue Lotfi Khaled qui avait les débris de vitre cassée plein les yeux, ce qui l'a contraint à lâcher son micro. Comme il fallait assurer l'antenne quoi qu'il arrive, j'ai dû me coucher sur le ventre, m'accrochant à mon micro. Pendant ce temps-là, des mains se sont glissées à travers le carreau de la vitre cassée de la cabine et m'ont tabassé avec des bouteilles en plastique».

Une éternité...

Le quart d'heure de tapage a été vécu comme une éternité par notre interlocuteur : «Je faisais comme je pouvais pour continuer à commenter le match. En même temps, j'étais terrorisé. Je m'inquiétais pour mon collègue Lotfi Khaled et avec l'autre main qui ne tenait pas le micro, je lui retirai les débris de vitre en faisant attention à ne pas lui endommager les yeux. C'était l'horreur. Je ne comprends toujours pas pourquoi on s'est pris à nous, journalistes. Nous ne faisions que notre boulot!», s'exclame Anis Sahbani.

Rien à ajouter sauf pour dire que ce qui s'est passé dimanche après-midi au stade olympique de Sousse est la conséquence logique du sentiment d'impunité qui règne dans le pays.

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