13 Mars 2018

Tunisie: Culture - Une question d'abondance

Ce qui a filtré du ministère des Affaires culturelles à propos des JMC et du retour à l'ancien festival de la musique est donc confirmé. De même que tout ce qui concerne l'extension des «Journées de Carthage» à autres que les arts de scène.

C'est un bouleversement, il n'y a pas à dire. Dont, avouons, on ne sait quelles pourraient être les suites.

On a des craintes quant au futur des JMC.

Aucune réserve sur Achraf Chargui, le nouveau directeur. De la même veine que son excellent prédécesseur, Hamdi Makhlouf : musicologue, pratiquant avéré, plutôt adepte des «musiques du monde». Le choix du ministère va dans le sens de la continuité ; et c'est une très bonne chose, car les liens noués avec le réseau des festivals internationaux, principalement méditerranéens, sont ainsi préservés. De plus (et l'on n'a eu de cesse de le rappeler tout au long des trois dernières sessions) cela répond à la sociologie des publics actuels : aux goûts de près de 65% de nos jeunes aujourd'hui.

On s'interroge, en revanche, sur l'opportunité d'un retour («simultané ») à l'ancien festival de la musique.

Si le but est de combler l'absence (souvent déplorée) de la chanson classique, pourquoi recourir à deux versions? Compléter le programme des «journées» n'y aurait-il pas suffi ?

On ne comprend pas, ensuite : que seraient les deux contenus ? Des JMC sans musique classique et un festival de musique sans musiques du monde ? Ou deux programmations ouvertes empiétant l'une sur l'autre, en butte à de fréquents doublons ?

Le financement, enfin .Un mystère. Les «journées musicales » subissaient déjà une coupure budgétaire, l'an dernier. Une grosse : le tiers en moins. Qu'est-ce à dire ? Que l'on rajoute un festival à la musique pour «compenser» sa pénurie ?!?

Question, surtout, au sujet de ces «Journées de Carthage», promises à tout le monde désormais.

Les Arts de scène traditionnels, cinéma, théâtre et musique n'en ont plus le «monopole». S'y ajoutent une«homologue», la chorégraphie, mais aussi, officiellement, l'art contemporain. Outre la littérature et la poésie, bientôt. Abondance, ici, n'est pas de refus. Tous les arts, tous les artistes y trouvent leur compte. Equitablement. Il y aura, en plus, la Cité de la culture, l'espace ne va plus manquer.

On se demande, on s'inquiète malgré tout.

La culture reste à moins un pour cent. Comment faire face à de telles dépenses ? Où trouver l'argent ? Dans le sponsoring, le partenariat, le mécénat ? On parle de manifestations à grande échelle, de «Festivals » emblèmes, destinés à incarner la culture, l'image de marque d'un pays. Imaginons les coûts. Non : si le projet est de reproduire le vrai modèle pionnier, quoique pourraient être les contributions extérieures, on n'en aura sûrement pas les moyens.

Seule perspective alors : «proliférer» mais tout revoir à la baisse. Multiplier, mais «économiser». Etaler l'abondance, mais «resserrer» les contenus.

«Soigner la vitrine», en fait. Le pire que l'on craint.

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