13 Mars 2018

Sénégal: Non respect des engagements de l'état vis-à-vis de la localité - Matam manifeste sa colère dans la rue

Regroupés autour du mouvement «Goomu Yakaar Matam», des habitants de la commune ont manifesté, hier lundi, pour dénoncer le «non respect des engagements de l'Etat vis-à-vis de la localité».

Très remontés contre le retard observé autour du démarrage des différents projets programmés dans la commune, plusieurs habitants de la ville de Matam, parmi lesquels des vieillards, sont descendus dans la rue à travers une marche autorisée par le préfet du département.

Par la voix du porte-parole du jour, Saïdou Abdoul Ba, les revendications des frondeurs ont en effet porté sur la construction de l'ISEP (Institut Supérieur d'Enseignement Professionnel) dont les travaux prévus en octobre 2017 n'ont jusqu'à ce jour connu aucun début d'exécution, alors que les cours sont programmés en octobre 2018.

«Une appréciation faite sur le niveau d'exécution des travaux ne pousse pas à l'optimisme car aucune avancée n'a été notée. Et, il reste évident que les cours ne pourront jamais se faire à date échue», note le porte-parole.

Même si de manière désinvolte, l'Institut Supérieur d'Enseignement Professionnel de Matam qui englobe les métiers des mines, de l'agriculture, de l'élevage, de la production forestière, de l'agroalimentaire, de l'aquaculture et de l'artisanat a déjà élaboré ses référentiels, on est resté en l'état en ce qui concerne les infrastructures.

«L'entreprise qui se déploie sur le site de construction travaille avec des moyens drastiques qui traduisent au quotidien un manque de sérieux manifeste. Comment pourrait-on construire des infrastructures d'une telle envergure en utilisant des bidons d'eau de 20 litres pour le moulage des briques», s'interroge-t-on ?

Sur la liste des projets non encore exécutés, les manifestants ont aussi décrié les lenteurs observées autour du démarrage du bitumage des artères de la ville accompagné d'un assainissement qui devraient commencer au mois de janvier 2018, tout comme le système d'évacuation des eaux usées et la construction de la digue de protection contre les crues du fleuve.

A cela s'ajoute le manque de spécialistes observé au niveau de la structure hospitalière de la région. «L'hôpital régional de Matam qui a ouvert ses portes depuis 2014 est une infrastructure de dernière génération qui, malgré qu'il dispose des plateaux techniques les plus faibles du Sénégal, brille par l'absence notoire de spécialistes», déclare le porte-parole.

Une situation qui, note-il, oblige les malades à faire des centaines de kilomètres pour se faire prendre en charge dans d'autres structures en dehors de la région, alors qu'il existe deux hôpitaux (dans la région) dont la complémentarité aurait largement mis fin au calvaire des populations.

Après avoir pris bonne note des revendications des manifestants, M. Dia, le préfet du département de Matam a tenu à apporter quelques réponses dans l'exécution de certains projets.

«Le projet concernant l'assainissement sera réalisé très rapidement car l'entreprise qui se charge des travaux est déjà sur place. Il en est de même pour le projet qui porte sur l'assainissement des eaux usées qui sera une révolution pour la ville», explique-t-il.

Avant d'affirmer son engagement à remonter les autres doléances qui portent sur l'affectation de personnels spécialisés pour l'hôpital et le démarrage des travaux de l'ISEP aux autorités compétentes.

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