13 Mars 2018

Burkina Faso: Jeunesse et emploi - A quand un «Macron » à la présidence du Faso ?

« Le véritable problème de la jeunesse n'est pas la question de son employabilité mais le manque de prospective sociale et de choix courageux et solidaires des décideurs politiques. » C'est la lecture qu'Yves Millogo fait du chômage des jeunes au Burkina.

Dans l'écrit qui suit, il pose clairement la problématique de la politique gouvernementale liée à la jeunesse. Il se demande quand ce pays aura un président comme Macron.

L'intégration des jeunes dans la vie active semble un éternel débat, tant sur les plans politiques que social, sans que jusque-là une solution durable ait été trouvée. Mais la vraie question est de savoir quelle place un pays réserve à sa jeunesse en termes d'objectifs transitoires vers la réalisation de sa vie.

Autrement dit, quelle est la place d'un citoyen depuis sa naissance jusqu'à la fin de sa vie ? Ces questions ne se posent pas seulement au gouvernement, mais aussi aux partis qui animent la vie politique et œuvrent à la conquête et à la gestion du pouvoir.

Les différents dispositifs mis en place par les différents gouvernements n'ont pas été efficaces, sinon ce débat ne serait plus d'actualité. Pourtant il y a un ministère de la Jeunesse et de l'Emploi au Burkina Faso. Ce dispositif est par essence inadapté et contre-productif en termes de résultats réels et durables.

Premièrement, la jeunesse ne peut pas être discriminée et servir ensuite d'alibi pour bénéficier d'un traitement spécifique pour sa promotion dans un Etat de droit. S'il faut pousser plus loin la logique de ces traitements spécifiques, pourquoi n'y aurait-il pas un ministère du troisième âge, un ministère des seniors et plus encore ?

Deuxièmement, avoir un ministère de la Jeunesse et de l'Emploi revient à dire que la problématique de l'emploi ne concerne que les jeunes.

Pourtant des travailleurs dans certaines fonctions partent à la retraite à 45 ou 50 ans. L'évolution sociale, les contingences de la vie et les besoins quotidiens exigent que des personnes, même à 60 ans, aient une activité rémunérée afin de faire face à leurs besoins.

Le véritable problème de la jeunesse n'est donc pas la question de son employabilité mais le manque de prospective et de choix courageux des décideurs politiques.

Ce problème n'est que la partie visible de l'iceberg comme expression de la conservation des privilèges et des pouvoirs par les plus anciens à plusieurs niveaux de la société burkinabè.

L'exemple le plus illustratif est celui des partis politiques, où les places pour les jeunes tardent à se libérer, comme dans le domaine de l'emploi.

Cette situation est corrélative à une autre aporie fondamentale dans la gouvernance de l'Etat, en l'occurrence la démocratie comme mode réel de fonctionnement des partis politiques et de la gestion des affaires de l'Etat.

Comment un parti peut-il prétendre gouverner efficacement un Etat de droit s'il n'est pas capable de pratiquer la démocratie et la légalité en son sein ?

Comment un gouvernement peut-il prétendre appliquer une politique en faveur de la jeunesse si celle-ci est systématiquement écartée de ses instances politiques ?

En clair, les politiques dites « en faveur de la jeunesse » se présentent comme des prescriptions homéopathiques pour calmer les ardeurs et endormir l'audace et les ambitions des jeunes sans réellement leur permettre d'intégrer la vie active de la société burkinabè.

Mais ce fait est également corrélatif au non-respect du droit, notamment de l'article premier de la Constitution en son alinéa 1, selon lequel « tous les Burkinabè naissent libres et égaux en droits ».

Le respect de la légalité incombe non seulement à tous les citoyens et aux gouvernants, mais surtout aux partis politiques comme creuset ou incubateur des futurs responsables de l'Etat.

Si, à l'intérieur de ces partis, les plus anciens, au mépris du droit et du principe démocratique, ont le monopole de la direction, le Burkina attendra des siècles avant d'avoir démocratiquement un Macron à la présidence du Faso.

La résolution du problème de l'intégration des jeunes dans la vie active (économique, sociale et politique) passe nécessairement par une véritable réflexion en matière de vision stratégique non figée à long terme. Cette démarche est aussi valable dans tous les domaines du fonctionnement d'une société afin d'anticiper les actions nécessaires et adaptées.

Mais cette prospective ne peut être l'œuvre de spécialistes importés ou à la vision étriquée. Elle demeure une démarche pluridisciplinaire et collective, capable de prendre en compte les attentes de toutes les populations du Burkina dans le but de dessiner à travers des scénarios réalisables des futurs possibles du vivre-ensemble.

Dans une société, l'encre du savant est aussi précieuse que le sang du martyr, sans pour autant chercher une équivalence parfaite mais pour comprendre de manière équitable le savoir-vivre ensemble.

Dans une société, la jeunesse peut permettre aux plus anciens de corriger leurs erreurs afin de parfaire l'édifice social à condition que ces anciens aient l'intention ferme et sincère d'améliorer le présent et le futur de l'édifice et des prochains acteurs.

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