17 Mars 2018

Tchad: Un accord signé, mais trop de méfiance demeure

Deux jours après l'accord entre le gouvernement et les syndicats, les fonctionnaires grévistes n'avaient pas repris le travail. Ils attendaient toujours l'application de la mesure phare de l'accord a minima, censé mettre fin à sept semaines de grève : le paiement des salaires du mois de février. Un accord qui prévoit en outre un moratoire de trois mois sur les crédits contractés par les fonctionnaires auprès des banques. Parmi les choses obtenues également : la fin du recensement des fonctionnaires lancé pendant la grève. Les syndicats veulent bien un audit, mais à condition d'y participer. Toutefois l'accord suscite scepticisme et critiques, en particulier sur le règlement des problèmes qui ont déclenché la grève.

Au-delà de la défiance envers un gouvernement suspecté de ne pas vouloir appliquer cet énième accord, les critiques portent surtout sur le fond. Les causes qui ont conduit au lancement de la grève de sept semaines n'ont pas été réglées estime par exemple l'opposant Mahamat Ahamat Alhabo du PLD. « Si on a signé cet accord pour permettre aux enfants d'aller à l'école, pour permettre aux malades de se soigner, pour relancer l'administration, c'est une bonne chose. Mais les vrais problèmes n'ont pas été posés. Donc on va purement et simplement retomber et revenir à la case départ. »

Concernant les abattements des salaires qui amputent les revenus des fonctionnaires, l'accord parle d'étudier des « alternatives crédibles » à cette mesure. « Les parties prenantes se pencheront sur le manque à gagner et la possibilité de remboursement après l'embellie », dit le texte. Formule vague qui laisse la place à diverses interprétations. Mais pour Michel Barka, président de l'Union des syndicats du Tchad, c'est un engagement de la part du gouvernement. « Le fait que le gouvernement accepte de nous rembourser ce qu'il a coupé, pour nous c'est une victoire. Et le gouvernement a signé ! Il ne peut pas dire demain "non, je ne vous rembourse pas". » Mais le gouvernement n'a pas donné de calendrier ou d'échéance pour cette embellie, donc cela pourrait être dans un, deux ou trois. « Ah non, il n'en est pas question, coupe Michel Barka, les travailleurs sont vigilants pour cela. Je vous assure qu'on ne va attendre. »

Michel Barka concède que l'accord est loin d'être complet et, promet-il, les négociations ne font que commencer.

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