18 Mars 2018

Madagascar: Une vidéo d'exactions policières dans un village provoque un tollé

A Madagascar, l'affaire des villages incendiés dans la localité d'Antsakabary, dans le nord du pays, refait surface. Depuis jeudi 15 mars, une vidéo montrant des policiers en train de maltraiter des dizaines d'habitants dans un village en flamme circule sur les réseaux sociaux. Une vidéo que l'ONG Amnesty International a authentifiée. Le 22 février 2017, 42 policiers ont incendié près de 500 habitations (487). Une femme qui n'avait pu s'enfuir est morte brûlée. Une expédition punitive après que de deux leurs collègues ont été tués lors d'une vindicte populaire, explique Amnesty International.

Des habitations en flammes. Une cinquantaine de villageois allongés sur le ventre, les mains ligotées dans le dos. Quelques secondes plus tard, des hommes attachés les uns aux autres sont contraints de marcher à genoux. Des policiers en arme leur ordonnent de répéter cette phrase « Tsy mety mamono polisy » - « Ce n'est pas bien de tuer des policiers » en français.

Des scènes qui correspondent au rapport de la Commission nationale indépendante des droits de l'homme (Cnidh) qui s'était rendue sur les lieux peu de temps après les faits. Elle avait aussi relevé des tortures, pillages, humiliations, atteintes à la pudeur et extorsions d'aveux.

Une enquête en cours

Depuis plus d'un an, aucun policier mis en cause n'a été jugé. Il y a trois mois, le Premier ministre Olivier Mahafaly s'était exprimé sur cette affaire. « Le gouvernement aussi est préoccupé par ce cas Antsakabary, avait-il déclaré. L'enquête est en cours. Ce n'est pas faute de volonté de la part du gouvernement mais pourquoi l'enquête traine ? Parce qu'on a vraiment du mal à avoir des témoins à charge. »

Joint par téléphone, le directeur de cabinet du ministère de la Sécurité publique, Jean Rostand Rabialahy, indique que « les policiers mis en cause ont été entendus par d'autres policiers chargés de mener cette enquête, ajoutant qu'il n'y a pas de blocage au niveau du ministère. Le dossier est désormais entre les mains de la justice ». Mais pour que la justice enquête sur ces policiers, une autorisation de poursuite émanant du ministère de la Sécurité publique est obligatoire.

Madagascar

Présidentielle malgache - Inquiétude sur le financement de la campagne

A Madagascar, à moins de trois mois du premier tour de l'élection présidentielle, la… Plus »

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Copyright © 2018 Radio France Internationale. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.