19 Mars 2018

Guinée: Incendie du marché de Madina - Les commerçants veulent l'aide de l'Etat guinéen

Photo: Aminata.com
Le grand marché de Conakry, Madina a pris feu dans la nuit du samedi 17 à dimanche 18 mars 2018. Plusieurs boutiques et magasins sont partis en fumée.

En Guinée un incendie a ravagé une partie du grand marché de Madina dans le centre de Conakry, véritable poumon économique de la capitale guinéenne. Les dégâts matériels sont considérables. En tout ce sont 1 500 mètres carrés touchés par le sinistre, probablement plus d'un millier de commerçants impactés, 352 containers détruits, 62 tables de vente et 24 ateliers de couture réduits en cendres.

Un coup dur en cette période où les troubles socio-politiques ralentissent déjà l'activité économique. Par chance, il n'y a aucune victime car l'incendie s'est déclaré vers 23h45 en pleine nuit lorsque le marché est vide. On ne connait pas encore la cause de ce drame mais plusieurs sources parlent d'un « court-circuit » dans un atelier de couture.

Le désarroi se lit sur tous les visages au grand marché de Madina à Conakry. A travers les amas de taule et la marchandise carbonisée, les commerçants transportent des bidons d'eau.

« La nuit vers 1h ou 2h, on m'a réveillé en me téléphonant pour me dire que le marché de Madina avait pris feu, raconte Mamadou Diallo Lamara, les yeux rougis par la fumée.

Comme c'était la nuit, cela m'a fait peur mais quand on te dit que ton bien ets là à se gâter, tu es prêt pour aller là-bas. On est venu sur place et on a trouvé les sapeurs-pompiers, il y avait le feu un peu partout. On ne pouvait même pas rentrer dans le marché, les flammes montaient très haut ».

Les pompiers n'avaient pas accès au marché

Ce n'est pas le premier incendie à se déclarer dans le plus grand marché de Conakry dont les ruelles étroites, sans voie d'accès pour les véhicules n'ont pas facilité la tâche des pompiers.

On m'a fait réveiller à environ 4 heures du matin, que le marché a pris feu. On ne pouvait pas rentrer, tout brûlait. Il y avait des flammes de gauche à droite. On a tout perdu, tout, tout, tout perdu. L'argent, le matériel, les tissus, des perlages pour faire les habits...

« Les pompiers étaient là depuis minuit mais ils n'ont pas eu d'accès, explique le gouverneur de la ville Mathurin Bangoura.

Nous allons donc voir avec les administrateurs du marché ce que l'on peut faire pour avoir un meilleur accès. On aurait pu maîtriser ce feu s'il y avait eu un passage pour les sapeurs-pompiers ».

Les commerçants en appellent à l'Etat

Les commerçants, l'administration et la chambre de commerce de la commune de Matam réclament un appui de l'Etat pour reprendre leurs activités.

Saïkou Oumar Diallo, président de la Chambre de commerce de Matam, se dit satisfait de la réactivité des autorités, mais il appelle le gouvernement à aider financièrement les milliers de commerçants ruinés.

« L'aide de l'Etat directe et indirecte est indispensable pour des milliers et des milliers de gens. Non seulement ce sont des gens qui emploient des personnes aujourd'hui, mais aussi il y a beaucoup de familles, détaille-t-il. Si tous ces gens sont lâchés dans la nature, combien de délinquants il y aura dans ce pays ?

D'où l'importance à ce que l'Etat s'occupe de ces gens. Très rapidement, refaire les containers, aider les gens à commencer très rapidement et faire des retours à l'intérieur parce qu'on ne peut pas encore prévenir dans l'avenir.

S'il y a un tel problème, qu'il y ait des entrées pour que les pompiers ou les lance-incendies puissent rentrer, et faire leur travail », a ajouté Saïkou Oumar Diallo.

A la mi-journée, dimanche 18 mars, le président Alpha Condé s'est rendu sur place, on a pu l'entendre déplorer la vétusté des installations électriques ainsi que les raccordements sauvages.

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