19 Mars 2018

Tunisie: Haro sur l'archaïsme !

Métier dévalorisé

Commençons par les entraîneurs. C'est un chapitre vaste et assez compliqué. Il y a une école tunisienne, ça c'est sûr, mais a-t-on de grands entraîneurs tunisiens ? Oui, et en ce moment, sont-ils majoritaires ? A notre avis, non. Ce n'est pas une question de titres gagnés, il y en a qui en ont gagné plein, mais qui travaillent avec des méthodes archaïques et refusent toute mise à niveau. Nos entraîneurs en général sont tombés dans le piège de l'argent facile : la majorité d'entre eux essayent d'influencer les médias pour faire le consultant ou pour paraître 6 fois par semaine pour dire n'importe quoi. Nos entraîneurs, au lieu de se recycler et de chercher les innovations et aider leurs clubs, s'engouffrent dans les petits problèmes de leurs clubs, oublient leurs fonctions techniques pour aider un président de club contre ses rivaux, collaborent avec certains agents de joueurs pour les recrutements (bien sûr contre des rétributions !), font des radios et des télés leur obsession pour se montrer à tort et à travers.

Et dans un championnat où l'on change d'entraîneur tous les trois mois, par club, on ne peut pas attendre un apport technique de valeur. Le métier d'entraîneur, et en admettant que ce soit un métier rentable par rapport aux autres secteurs, est un métier dévalorisé à cause des pratiques des entraîneurs tunisiens qui se lamentent toujours, mais qui ne font rien pour progresser. Font-ils le recyclage et la formation nécessaires ?

Sont-ils ouverts à leurs adjoints et joueurs quand ils entraînent ? Ont-ils la personnalité et le bon sens pour imposer leurs projets devant les présidents de clubs qui les payent ? On pense bien que non. Il faudra que la DTN fasse mieux pour contrôler les entraîneurs en les obligeant à se recycler en permanence. Et on doit trouver le moyen pour que ces entraîneurs arrêtent de ne penser qu'à l'argent et à un contrat au détriment de leur carrière et de l'apport technique.

Côté formation des jeunes, c'est une autre souffrance pour ce professionnalisme sauvage qui n'accorde pas du tout une importance à ce que le club produit comme jeunes capables de lui épargner l'argent dilapidé sur des pseudo-joueurs. La plupart des clubs ne donnent ni moyens ni motivation pour le secteur des jeunes. Ce qui doit changer alors c'est cette vision marginale à l'égard des jeunes catégories. Et ça, c'est la DTN qui doit le faire et ce sont les assemblées, qui ne servent plus à rien, qui doivent changer les règlements pour pousser le club à opter, en partie, pour son cru. Des idées ? Faisons comme l'Uefa et les championnats européens de haut niveau qui obligent les clubs à inscrire un nombre de joueurs formés au club.

Il a 20 joueurs à inscrire librement, et 4 ou 6 enfants du club à inclure obligatoirement. Faisons de la sorte chez nous : un club devra inscrire entre 6 et 10 joueurs issus de la formation. Ainsi toute l'opération formation des jeunes sera revalorisée par la force des règlements. Mais encore une fois, ces clubs accepteront-ils de voter des clauses pareilles, eux qui ont le pouvoir absolu ?

Tunisie

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