20 Mars 2018

Zimbabwe: Le pays publie une liste d'exilés fiscaux pour rapatrier des fonds

Au Zimbabwe, les autorités ont publié, ce lundi 19 mars, une liste de fraudeurs qui ont illégalement sorti des capitaux du pays pendant le règne de l'ex-président Robert Mugabe. Le président Emmerson Mnangagwa, arrivé au pouvoir en novembre, avait donné un ultimatum de trois mois aux entreprises et particuliers pour qu'ils rapatrient leurs fonds en échange d'une amnistie, et ce afin de ramener de l'argent frais dans un pays plongé dans une grave crise économique et en manque de liquidités.

Au total, il s'agit de 1,4 milliard de dollars qui sont sortis illégalement du pays, selon le président Emmerson Mnangagwa. Sur cette somme, un peu plus du tiers a été rapatrié. Le président avait pourtant offert une amnistie à ceux qui ramèneraient volontairement ces fonds, afin de pallier le manque de liquidités.

Les autorités ont donc publié une liste de plus de 1 400 entreprises et particuliers considérés comme des fraudeurs.

Entreprises minières, hommes d'affaires chinois et personnalités zimbabwéennes

En tête de liste figurent cinq compagnies minières accusées par le gouvernement d'avoir déposé les revenus de leurs exportations sur des comptes offshore. Parmi elles se trouve Mbada Diamonds, une société d'exploitation de diamants soupçonnée d'être partiellement détenue par un général à la retraite, proche de l'ex-président Robert Mugabe.

La liste comprend également plusieurs hommes d'affaires chinois et des personnalités zimbabwéennes dont un musicien connu, candidat du parti au pouvoir aux élections législatives.

Poursuites

Malgré un pas dans la bonne direction, plusieurs observateurs ont déploré qu'aucun haut cadre du parti au pouvoir ne soit mentionné sur cette liste. Le président a quant à lui prévenu que les fraudeurs seraient poursuivis.

En parallèle, une délégation de l'Union européenne est arrivée à Harare, lundi, à l'invitation du chef de l'Etat. Il s'agit d'une mission pour évaluer le climat préélectoral et déterminer si le déploiement d'observateurs serait utile et conseillé. Ces élections, prévues en juillet, seront les premières sans l'ex-président Robert Mugabe. Sous l'ex-président, les scrutins ont régulièrement été entachés de fraudes et de violences.

Ce que nous avons découvert, c'est qu'un certain nombre de sociétés minières activent à Marangue - le parc où sont exploités les diamants - sont des sociétés très opaques et secrètes. Par exemple, Mbada - une des sociétés sur cette liste - nous avons découvert que 25% de son capital est détenu par plusieurs groupes via un montage de sociétés-écrans basées dans les Iles vierges britanniques. Et en faisant des recherches très poussées, nous pensons que ces sociétés appartiennent à un proche de l'ex-président Robert Mugabe.

Ce n'est qu'un exemple qui montre à quel point l'identité de ceux qui détiennent et profitent de ces mines est dissimulée. Pour une autre mine, nous avons pu établir que l'armée en était propriétaire. Dans un autre cas, il s'agissait des services de renseignements et de la police secrète qui dans le passé a été impliquée dans de nombreuses violations des droits de l'homme et qui a sérieusement menacé la démocratie dans le pays.

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