20 Mars 2018

Afrique de l'Ouest: Lutte contre l'extrémisme violent - Les Etats appelés à "resserrer" leurs liens de coopération

Dakar — Le garde des Sceaux, ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, a souligné, mardi, à Dakar, la nécessité pour les Etats de l'Afrique de l'Ouest et du Centre de "resserrer" leurs liens de coopération en matière de lutte contre l'extrémisme violent.

"L'extrémisme a atteint des proportions inquiétantes et face à l'ampleur grandissante de la menace, les Etats de l'Afrique de l'Ouest et du Centre, doivent être conscients de leur priorité commune consistant à resserrer le lien de leur coopération en la matière", a-t-il déclaré.

Le ministre de la justice intervenait lors d'une conférence régionale sur les réponses de la Justice pénale et de la société civile contre l'extrémisme violent en Afrique de l'Ouest.

M. Fall a estimé qu'il faudrait réfléchir sur ce phénomène qui nécessite également, a-t-il poursuivi, des réponses militaires, sécuritaires, juridiques, judiciaires et pénales.

"Il est évident qu'une bonne intelligence du phénomène de l'extrémisme violent est une exigence pour asseoir les dispositifs efficaces de lutte contre ce phénomène", a signalé le ministre de la Justice.

"La société civile, a-t-il dit, demeure une actrice principale dans toute œuvre de sécurité, de paix ou de justice et son degré d'implication dans les programmes gouvernementaux de lutte, constitue un indicateur de conformité des Etats dans le cadre des évaluations relatives à la lutte."

Il s'est dit persuadé que la construction d'une synergie autour de ce fléau permet, entre autres, de dynamiser le système d'alerte locale, de prévenir le recrutement des couches défavorisées opérées par des personnes ou entités terroristes.

Pierre Lapaque, représentant régional de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), a pour sa part soutenu que face aux menaces de l'extrémisme violent, il est nécessaire pour les pays de poursuivre leurs efforts de coordination.

Selon lui, le travail de la société civile apporte un soutien crucial et une expertise pertinente à l'ONUDC. "Nous devons veiller à ce que cette société civile ait accès à nos juges, à nos procureurs, aux forces de l'ordre, afin qu'elle puisse dialoguer avec eux", a estimé M. Lapaque.

Il a fait remarquer que deux aspects interviennent dans la lutte contre ce phénomène au niveau de la sous-région, notamment la recherche et l'évaluation des programmes.

S'agissant de la recherche, il a indiqué qu'il est évident qu'il ne peut pas y avoir des politiques efficaces sans une bonne connaissance de la réalité du terrain.

"Le problème de l'extrémisme et du terrorisme si complexe en lui-même, requiert que chaque secteur demeure efficace et actif", a quant à elle souligné, la conseillère juridique de l'ambassade des Etats-Unis au Sénégal, Gail Fisk Malone.

Elle a ajouté que ce problème exige aussi que de partager des compétences et des informations entre les Etats, tout en allant au-delà des bureaux et des frontières, dans le but d'arriver à une approche globale et significative du problème.

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