20 Mars 2018

Sénégal: Violences sexuelles à Kolda - 46 femmes sur 330 en sont victimes

Sur 330 femmes de la région de Kolda, 46 ont déjà subi une violence sexuelle. Une étude, menée par la Réseau africain pour le développement intégré (RADI), avec l'appui du Centre de recherches pour le développement international (CRDI) de la coopération canadienne, témoigne de la persistance de la pratique. Elle a été présentée hier, lundi 19 mars à Dakar.

46 femmes sur 330 sont victimes de violences sexuelles dans la région de Kolda. 27% des cas de violences ont été racontés par des proches des victimes. C'est en substance ce que l'on peut retenir d'une étude menée par le Réseau africain pour le développement intégré (RADI) et financée par le Centre de recherche pour le développement international (CRDI - Canada).

Présentée hier, lundi 19 mars, la recherche montre que les violences sexuelles sont encore très présentes dans la région de Kolda. Selon la chercheure nationale du Sénégal, Fatma Lamesse, qui cite des données recueillies auprés du Tribunal de grande instance de Kolda, 177 cas de violences sexuelles ont été répertoriés entre 2012 et 2016 dont les 155 sont des viols. 15 cas sont liés à la pédophilie.

Certaines victimes de violences sexuelles l'ont été après la consommation d'un mariage précoce (37%). 26% ont consommé un mariage forcé. 11% des femmes ont été violées, 11% également ont subi une grossesse précoce.

469 PERSONNES, DONT 139 HOMMES, CIBLEES PAR L'ETUDE

L'étude de Fatma Lamesse montre aussi que 46% des auteurs de violences sexuelles sont des parents proches de la victime. 21% sont inconnus de la famille et 10% des cas de violence viennent des conjoints.

Les victimes ont très souvent un niveau d'instruction très faible. 70,5% des enquêtés n'ont pas été instruits. 18,6% se sont limités au primaire. Seul 0,5% des répondants ont fait des études supérieures. 92,2% des répondants sont des mariés. Les 48% sont des polygames et 45% sont issus de ménages monogames.

A signaler que 469 personnes ont été ciblées par l'étude. Les femmes représentent 70% des enquêtés. Elles sont au nombre de 330 tandis que les hommes sont 139. Ils sont en majorité des agriculteurs avec un taux de 45,4%. Et 41,5% de la gent féminine sont des femmes au foyer. L'étude a été réalisée dans les communes de Bagadadji, Coumbacara, Ndorna et Bonconto où 24 villages ont été visités.

Les répondants sont, pour la plupart, des jeunes. Ils sont âgés en majorité entre 18 et 39 ans. Partant des informations recueillies par l'enquête, les causes des violences sexuelles sont, entre autres, l'ignorance des victimes 50,8%.

La sexualité précoce en est responsable à 37,7% alors que 27,4% des abus sont causés par les coutumes et traditions. Selon la coordonatrice régionale du RADI, Oumoul Khaïry Coulibaly Tandian, l'étude n'a pu toutefois mesurer l'ampleur de la situation à cause de la réticence de certaines cibles d'aborder le problème.

FAIBLE RECOURS A LA JUSTICE

En cas de violence sexuelle, les victimes ne font pas recours à la justice, déplore Fatma Lamesse. A l'en croire, 59% des répondants ont affirmé que la première réaction des victimes et de leurs proches est la dissimulation. La menace de représailles mystiques en cas de dénonciation est aussi un fait qui pousse beaucoup de familles à ne pas entamer des poursuites.

Aussi les pesanteurs sociales poussent les parents des victimes à ne déposer aucune plainte. Par ailleurs Fatma Lamesse souligne que l'absence d'infrastructures dans la zone où de nombreux villages sont difficiles d'accès, freine le recours à la justice. Il s'y ajoute les lenteurs dans les procédures judiciaires avec un seul juge de grande instance, 4 juges au siège, 1 juge d'instruction, 1 procureur, 1 seul substitut.

Ce qui fait que les populations ne préfèrent pas se tourner vers la justice. Les honoraires des avocats et les frais à payer pendant la procédure sont également des difficultés soulevées par les populations. Face à tous ces problèmes, le RADI souhaite l'installation des Maisons de justice dans les zones enclavées et démunies, mais aussi le renforcement du personnel judiciaire. L'organisation en appelle aussi à la criminalisation du viol.

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