21 Mars 2018

Afrique: Union africaine - Création de la zone de libre-échange continentale

Photo: New Times
Quarante-quatre pays ont signé l'accord créant la Zone de libre-échange continentale africaine, 43 ont signé la Déclaration de Kigali, tandis que 27 pays ont adopté le protocole sur la libre circulation des personnes.

Le processus enclenché depuis 2012 a été concrétisé, le 21 mars à Kigali, au Rwanda, par la signature de l'accord consacrant l'avènement d'une Afrique sans barrières tarifaires pour son intégration continentale.

Le document a été signé pour la RDC par le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Léonard She Okitundu, au nom du président de la République, Joseph Kabila, qu'il a représenté au sommet extraordinaire de l'Union africaine (UA) dans la capitale rwandaise. L'UA s'est félicitée de l'aboutissement de ce processus enclenché depuis les années 2012. She Okitundu était accompagné de trois autres ministres du gouvernement de la République qui assument des fonctions liées directement aux réformes actuelles de l'UA, à savoir les ministres du Commerce extérieur, de l'Industrie et du Genre, famille et enfant.

En chiffre, ce projet de zone de libre-échange continentale africaine devrait avoisiner les 2 500 milliards de dollars américains de PIB cumulés. Pour les nombreux pays qui ont participé à cette rencontre panafricaine, le moment était très bien choisi pour remettre le projet sur la table. En effet, le rêve d'une Afrique sans barrières tarifaires se réalise progressivement, même si l'on s'interroge toujours sur la capacité réelle et la volonté des dirigeants du continent de faire de cet Accord un puissant levier d'intégration continentale.

Néanmoins, les chefs d'État et de gouvernement ont adopté, le 21 mars, cet important document à la Convention center de Kigali. Cela constitue un pas dans la bonne direction, même si les pays signataires, dont la RDC, disposent désormais d'un délai de dix ans pour ratifier cet Accord au niveau de leurs parlements respectifs. Entre-temps, ces pays devront profiter de cette période pour relancer leurs activités industrielles afin de ne pas subir la suppression des barrières tarifaires en Afrique.

Selon les informations en notre possession, les autorités congolaises ont signé à la fois l'Accord et deux autres instruments juridiques, en l'occurrence la Déclaration de Kigali et le Protocole relatif à la libre-circulation des personnes à l'intérieur du continent africain. Les derniers doutes soulevés par certains pays de la région, et non des moindres, par rapport à cet Accord inédit, ont trouvé finalement des réponses adéquates. Désormais, toute l'attention des autorités congolaises se tourne vers les dix prochaines années.

Cependant, il revient à l'État congolais de planifier la redynamisation d'une industrie nationale actuellement en difficulté. Pour sauver quelques industries locales d'une faillite programmée, le gouvernement de la République n'a pas hésité à arrêter des mesures d'interdiction de l'importation des produits similaires sur l'étendue du territoire national. Il ne s'agit malheureusement que des mesures ponctuelles qui ne sauront répondre efficacement au défi qui attend le pays dans un espace totalement ouvert au libre-échange.

Avec le Code des investissements de 2002, la RDC a voulu agir sur quatre domaines : l'implantation des entreprises de génie civil chargées de la construction et de l'entretien des routes et autoroutes (également celles évoluant dans le transport en commun) ; les investissements dans les secteurs agricole et agro-industrie ; les investissements lourds pour asseoir une base industrielle solide et enfin les investissements de valorisation des ressources naturelles nationales localement.

Plus de quinze ans après, le bilan reste assez maigre. Le pays n'est pas arrivé à stimuler les investissements pour le développement d'une base industrielle solide et la relance de l'agro-industrie. Par ailleurs, il existe toujours des problèmes d'instabilité politique, de fourniture du courant électrique, de l'accès au financement, des pratiques du secteur informel, de mise à niveau de l'administration, etc. Il est difficile d'espérer des changements majeurs sur l'ensemble de ces contraintes au cours des dix prochaines années.

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