22 Mars 2018

Ile Maurice: Coopération régionale - Françaises et Réunionnaises partagent leur savoir-faire

Région Réunion et France Volontaires ont mis l'accent sur le Volontariat de Solidarité Internationale (VSI) pour la coopération entre îles de l'océan Indien, notamment entre Maurice et La Réunion.

Ce programme permet à des jeunes diplômés de passer entre 12 et 36 mois dans les pays de la région. Cela de façon à gagner et à partager leurs expériences dans différentes structures. Douze volontaires sont venus remplir leur contrat à Maurice et trois c'était sur le développement durable. La Réunionnaise Martine Hippolyte, 25 ans, habitant Saint-Leu, sera à la Commission de l'océan Indien (COI) et deux Françaises, la Toulousaine Maud Scorbiac et Blandine Rosiès, 26 ans, originaire de la Région Centre, sont toutes deux à la Chambre d'agriculture.

Martine Hippolyte met des actions en place au niveau énergétique

Martine Hippolyte est diplômée de l'école d'ingénieurs EIGSI-La Rochelle. Après un semestre d'étude à l'École polytechnique de Montréal, elle se retrouve avec le statut d'ingénieure généraliste avec spécialisation dans l'énergie, l'environnement et le développement durable. Une fois diplômée, elle a regagné La Réunion et a travaillé en tant qu'ingénieure études en Maîtrise de l'énergie - Énergies renouvelables (MDE-ENR). Elle est désormais engagée auprès de France Volontaires sur une mission de coopération dans le domaine de la gestion des déchets à la COI.

«Mes parents m'ont toujours éduquée dans le respect de la nature tout autant que des personnes», raconte la Réunionnaise. «Le développement durable est venu plus tard, en voyant comment le monde était en train de détruire et d'épuiser nos ressources. Tout ce que nous faisons a des répercussions sur notre avenir et celui de nos enfants, le respect de l'environnement est alors une évidence.»

Martine Hippolyte occupe le poste d'assistante technique au projet régional de gestion et valorisation des déchets des pays de la COI. Le programme est cofinancé par la Région Réunion et les fonds européens. L'objectif est d'établir un plan d'action régional en matière de gestion des déchets. Cela en fixant des objectifs précis, permettant à la COI d'accompagner les États membres et les soutenant dans les projets qui seront mis en place.

«Ce que j'aime dans mon poste c'est la diversité des tâches et des sujets que j'aborde. Je rencontre pas mal de professionnels de Maurice et la façon dont chaque pays aborde la thématique des déchets est très instructive», ajoute la jeune femme. «Dans le secteur du développement durable, Maurice commence à mettre sérieusement des actions en place au niveau énergétique. Le secteur de la gestion et traitement des déchets est plus complexe.»

Autre point qu'elle trouve gratifiant et aussi plus difficile à son poste est la sensibilisation. Ceci étant un sujet crucial dans la réussite des projets, autant au niveau de la population qu'à celui des gouvernements.

«Ce n'est pas facile de faire prendre conscience aux gens que la gestion des déchets demande une implication constante et que cela se traduit par de petits gestes simples tous les jours», fait part Martine Hippolyte.«Je vois encore beaucoup trop de gens qui ont le réflexe de jeter leurs déchets dans la rue : un ticket de bus, un mégot de cigarette et bien d'autres choses.»

Maud Scorbiac: « Il reste beaucoup de chemin à faire»

Maud Scorbiac a passé un diplôme en génie biologique et génie de l'environnement après le baccalauréat, puis un di- plôme d'ingénieur agronome. Après avoir fait deux stages à Maurice dans le compostage et établi un diagnostic de durabilité, Maud Scorbiac est actuellement volontaire postée comme coordinatrice à la Chambre d'agriculture pour accompagner le projet Smart Agriculture. Ce projet veut fournir des produits sains aux consommateurs.

«Le projet a été découpé en phases. La première est un état des lieux des pratiques agricoles des planteurs et a eu lieu en 2015. Cela a donné naissance à une proposition de plan d'action concernant la formation, la législation, la commercialisation et l'accompagnement des agriculteurs», explique Maud Scorbiac. «La seconde phase est la mise en pratique du dernier point de ce plan d'action par l'établissement de réseaux pilotes de producteurs, qui adopteront des pratiques plus agro-écologiques.»

Cette phase est en cours de réalisation. Maud Scorbiac coordonne le projet sous divers angles. La recherche de financement, la mobilisation des agriculteurs dans une approche collective ou encore l'accès aux informations nécessaires pour changer les pratiques.

«Ce qui est le plus passionnant dans ce projet est de voir l'implication et la volonté de chacun de vouloir changer et adopter des pratiques plus respectueuses et contribuer à un meilleur avenir», lance la Toulousaine.

D'autre part, Maud Scorbiac est d'avis que le manque de savoir-faire et de ressources empêche de progresser d'un point de vue général. Il n'est pas facile de délaisser des méthodes et des façons de faire qui donnent encore des résultats. Alors qu'il faut changer ses habitudes, malheureusement le changement inquiète et parfois fait peur.

Que nous parlions d'agriculture, d'environnement ou de développement durable, il reste beaucoup de chemin à faire», lance-t-elle.

«Sensibiliser le plus de personnes pour permettre une réelle collaboration au changement. Le plus important reste de s'impliquer chacun à son niveau, d'apporter sa petite pierre à l'édifice, même si cela reste minime.»

Blandine Rosiès : «Je veux croire que nous sommes sur la bonne voie»

Après son baccalauréat, Blandine Rosiès a obtenu un Brevet de technicien supé- rieur (BTS) agricole spécialisé dans les régions chaudes à La Réunion. Elle a ensuite fait un semestre d'étude en Afrique du Sud, au Cedara College of Agriculture. Elle a bouclé la boucle avec une licence en agriculture et développement durable à l'université de La Réunion. Après avoir accumulé de l'expérience professionnelle, elle a poursuivi ses études pour décrocher un Master de recherche en agro-écologie dans une école d'ingénieur agronome de Paris.

«Avant même de me lancer dans mes études supérieures, j'étais déjà sensibilisée aux problématiques écologiques. J'ai grandi dans une famille très sensible à cela et qui m'a inculquée depuis petite les gestes les plus minimes à faire pour respecter la nature», lance la jeune femme.

Blandine Rosiès travaille avec Maud Scorbiac sur le projet Smart Agriculture à la Chambre d'agriculture de Maurice, en partenariat avec le Food and Agricultural Research & Extension Institute (FAREI). Elle a rejoint le programme en septembre dernier.

«Ce projet est né du constat qu'une partie des légumes présents sur le marché mauricien contenait des taux anormalement élevés de résidus de pesticides, et qu'il fallait assurer une nourriture saine aux habitants de Maurice», explique Blandine Rosiès «Il émane aussi d'une volonté des producteurs, des plus petits aux plus grands, de produire mieux.»

Son poste consiste à accompagner le réseau de producteurs de ce projet. Cela passe par la veille bibliographique, tout en se tenant informé des recherches et découvertes dans les contextes similaires à Maurice. Et ensuite de réfléchir avec les producteurs aux possibilités d'implanter les nouvelles techniques.

«Le plus difficile est sans doute de mobiliser tout le monde. Sur le papier, tous les partenaires et producteurs sont intéressés et veulent être impliqués dans le projet. Dans la réalité, il est bien souvent difficile de composer avec les emplois du temps surchargés de chacun», ajoute Blandine Rosiès. «Je veux croire que nous sommes sur la bonne voie, bien sûr. Tout le monde commence à prendre conscience de l'impact de notre mode de vie, de notre consommation. Et cette prise de conscience ne pourra pas régresser, elle ne pourra qu'augmenter avec le temps.»

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