22 Mars 2018

Congo-Kinshasa: Droits de l'homme - L'Adhuc plaide pour la régularisation des demandeurs d'asile de RDC vivant au Congo

L'association que dirige Loamba-Moké a invité, le 20 mars à Brazzaville, les autorités à trouver une solution à la situation illégale des ressortissants Congolais de Kinshasa.

L'Association pour les droits de l'homme et l'univers carcéral (Adhuc) a lancé son appel au cours d'une conférence de presse animée par son président, sur le thème « Protéger les demandeurs d'asile de la RDC déboutés est une question d'humanité ». Dans son mot liminaire, Loamba-Moké a rappelé que la République du Congo est parmi les Etats de l'Union africaine qui considèrent le droit d'asile comme un droit protégé par la Constitution. « La Constitution du 25 octobre 2015, à son article 21, dispose que le droit d'asile est accordé aux ressortissants étrangers dans les conditions déterminées par la loi », a-t-il fait savoir. Aussi, a-t-il poursuivi, au plan national, l'ossature du droit d'asile est constituée d'un certain nombre de textes parmi lesquels, le décret du 31 décembre 1999 portant création, attributions, organisation et fonctionnement du Comité national d'assistance aux réfugiés (Cnar).

Au regard de la situation des ressortissants de la République démocratique du Congo (RDC) établis illégalement au Congo depuis des années, Loamba-Moké a prié les autorités de donner des orientations au ministère des Affaires étrangères pour que soit organisée une opération de régularisation des mille cinq cents demandeurs d'asile déboutés ; ou de procéder à leur éloignement sans délai sous l'égide du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) en tenant compte de la proximité des deux capitales les plus proches au monde et du danger permanent d'interpellations par la police. Le président de l'Adhuc a, en outre, signifié que ces personnes courent le risque d'être arrêtées, une fois extradées dans leur pays d'origine. Pour ce faire, il a appelé les autorités à revisiter les textes nationaux régissant la protection des demandeurs d'asile et réfugiés, ainsi qu'à l'adoption et la promulgation de la loi nationale sur les réfugiés, conformément à la convention de 1951.

L'Adhuc a, enfin, demandé au HCR d'aider la Cnar dans l'opération de régularisation des demandeurs d'asile en situation irrégulière au Congo par l'octroi de cartes de séjours ou du statut de réfugiés.

La conférence de presse de l'Adhuc a mobilisé non seulement les hommes des médias mais aussi les ressortissants de RDC concernés par la situation. L'un d'eux, un ex-militaire, a témoigné: « Je suis arrivé au Congo-Brazzaville depuis le 18 janvier 2005 comme demandeur d'asile. Je ne peux pas rentrer dans mon pays car je suis en danger. On a arrêté mes deux petits frères qui ont disparu depuis 1998 ainsi que mon oncle alors qu'ils étaient innocents. Quand je suis arrivé à Brazzaville, on m'a donné un formulaire de l'autorisation provisoire de séjour à remplir. Mais comme j'étais très malade à cette époque, ce formulaire est resté longtemps avec moi et le jour où j'ai décidé d'aller le remettre, on m'a dit que c'était trop tard, mon dossier était clos et que je n'étais plus un demandeur d'asile. Vraiment nous demandons au président de la République de voir notre situation. Nous souffrons ».

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