22 Mars 2018

Afrique: Faux médicaments - Plus de 800 000 morts enregistrés dans le monde

Photo: Premium Times
Drugs (file photo).

La circulation des produits falsifiés constitue une source d'appauvrissement pour les communautés et les systèmes de santé qui les achètent. La question a été évoquée, le 22 mars, par plusieurs orateurs lors de la journée de mobilisation contre ce fléau organisée par l'Institut français de Brazzaville, avec l'appui de l'ambassade de France.

La rencontre a été soutenue par la Fondation Jacques-Chirac, dans le cadre du mois de la femme. L'objectif est d' informer et de sensibiliser le public au risque des médicaments falsifiés, présenter les dispositifs mis en œuvre tant au niveau national qu'international, responsabiliser tous les acteurs et les encourager à se mobiliser pour soutenir les initiatives de lutte contre les faux médicaments.

En effet, cette journée de mobilisation a été marquée par des communications sur le thème « Les médicaments falsifiés », donné par le spécialiste des maladies infectieuses et tropicales, membre de l'académie nationale de médecine, le Pr Marc Gentilini, ainsi que sur « La Convention medicrime », présentée par Alexandre de la Volpierre, expert pharmaceutique de Medicrime.

Le Pr Marc Gentilini a déploré la circulation des produits contrefaits dans le monde. Selon lui, les faux médicaments sont des produits périmés, détériorés et avec des principes actifs inadaptés. Ces médicaments proviennent de l'Inde, de la Chine, du Pakistan et de la Russie. Ils sont déversés en Afrique. Les produits comme les antalgiques sont falsifiés aux Etats-Unis et au Canada. Les produits anticancéreux, des antirétroviraux, faux viagra et antidiabétiques en Europe.

Alexandre de la Volpierre, sur « Le traité Medicrime », a expliqué que la Convention dote des Etats parties d'un instrument puissant pour combattre la contrefaçon des produits médicaux et les infractions similaires, dans l'optique de la protection sanitaire des patients et des utilisateurs des produits médicaux.

Autres temps forts de cette rencontre, les allocutions prononcées notamment par l'ambassadeur de France au Congo, Bertrand Cochery, la vice-présidente de la Fondation Chirac, Claude Chirac, ainsi que la ministre de la Santé et de la population, Jacqueline Lydia Mikolo.

Bertrand Cochery a rappelé les relations qui existent entre le Congo et la France, avant d'assurer l'appui de son pays dans la lutte contre les faux médicaments. Cet appui, a-t-il ajouté, permettra d'éviter la surexposition de la population face au danger des faux médicaments.

L'OMS recommande la mise en place des comités nationaux

D'après l'allocution de la représentante de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) au Congo, lue par le Dr Ray Mankelé, celle-ci recommande aux autorités nationales la réglementation pharmaceutique. Elle exige également des points focaux pour les produits médicaux de qualité inférieure et falsifiés qui serviraient de liens avec le dispositif des Etats membres. Ces points focaux seront responsables de la réception, la communication des informations relatives aux produits médicaux de qualité inférieure et falsifiés, ainsi que de la réponse à apporter.

En effet, l'OMS estime que 1% des médicaments qui circulent dans les pays en développement sont contrefaits. Ce ratio peut atteindre 10 à 15% dans les pays émergents et 30% dans les pays développés. Elle revèle que 30% à 70% des médicaments qui se vendent en Afrique sont contrefaits. « Depuis 2013 à ce jour, 1 500 cas de produits de qualité inférieure ou falsifiés ont été signalés. Parmi ceux-ci, figurent les produits antipaludiques et les antibiotiques. 42% de ces produits venaient d'Afrique subsaharienne, 21% des Amériques et 21% de la région européenne », a-t-elle dit.

L'OMS a lancé un appel aux pouvoirs publics, décideurs, partenaires techniques, organismes internationaux et autres afin de conjuguer leurs efforts pour parvenir à endiguer le trafic des faux médicaments et leur marché illicite.

Jacqueline Lydia Mikolo, pour sa part, a assuré la fondation Chirac l'intérêt de l'adhésion du Congo à la convention Médicrime. « Le chef de l'Etat a initié personnellement les étapes qui conduiront à la signature de la convention européenne Médicrime, avant la fin de l'année, car, pense-t-il, aucun Etat ne peut vaincre seul le fléau des faux médicaments », a indiqué la ministre.

Sur le plan régional, a-t-elle poursuivi, le Congo souscrit au plan opérationnel d'action 2016-2020 de lutte contre les faux médicaments des pays de la Cémac, dans le cadre de la mise en œuvre de la politique pharmaceutique commune.

Au plan national, a insisté Jacqueline Lydia Mikolo, le pays a mis en place une commission d'homologation des médicaments et un système de pharmacovigilance et procédé au renforcement de l'autorité nationale de réglementation pharmaceutique. Des projets portant création du programme national de lutte contre les produits médicaux faux et les circuits illicites, ainsi que celui portant création du laboratoire de contrôle de qualité des produits de santé sont déposés sur la table du gouvernement.

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