Sierra Leone: Le second tour de la présidentielle aura-t-il lieu le 27 mars?

Des affiches des candidats à la présidence sont placées autour de l'arbre de coton, le symbole historique de la Sierra Leone, à Freetown.

En Sierra Leone, à moins de 48 heures de la date prévue pour le scrutin, les électeurs ne savent toujours pas si le second tour de l'élection présidentielle aura bien lieu le mardi 27 mars. Samedi, une décision de justice a suspendu provisoirement le vote et les opérations de déploiement du matériel électoral sont à l'arrêt. La mission d'observation de l'Union européenne a tout de même déployé, ce dimanche 25 mars, ses équipes sur le terrain, tout en évitant la question d'un éventuel report lors de son point de presse. La société civile se dit préoccupée par la situation et appelle au maintien du scrutin à la date prévue. Quant aux électeurs, ils sont dans l'expectative. A Freetown, RFI est allée à leur rencontre.

Il y a foule sur Aberdeen beach, la plus grande plage de Freetown. Election ou pas, ce dimanche ressemble aux autres.

« J'adore le foot, c'est pour ça que je viens tous les dimanches faire de l'exercice sur plage, pour garder la forme ! », dit Mohammed Kamara, maillot sur les épaules et crampons aux pieds. Il fait des jongles. Il est étudiant et un peu déboussolé par la nouvelle.

« La situation est vraiment confuse. Certains disent qu'il peut y avoir des affrontements entre le SLPP et l'APC, d'autres disent qu'il n'y aura pas de violences... On entend plein d'histoires différentes. L'économie risque d'être ralentie à cause de l'incertitude. Certaines personnes sont juste inquiètes mais d'autres ont vraiment très peur », ajoute-t-il.

Fatima Touray sort tout juste du travail. Elle est journaliste et dans sa rédaction personne ne s'attendait à un tel coup de théâtre.

« Les gens sont impatients. Ils veulent savoir qui sera le prochain président. Tous les regards sont tournés vers la Commission électorale et la Haute Cour. On ne sait pas quand l'élection aura lieu, mais on espère qu'elle se tiendra bel et bien mardi, car c'est ce que les gens attendent », précise-t-elle.

Interrompu en plein footing, Abdoulaye Cissé se montre plus pragmatique.

« Je pense que si on reporte l'élection, tout le monde sera content, car il y aura plus de crédibilité. Si on le fait maintenant, les partis politiques risquent de contester le processus électoral. On peut attendre ! Faire les choses dans la précipitation, ça crée toujours des problèmes », estime-t-il.

Reprendre le processus ou reporter le scrutin ? La Haute Cour doit décider demain, lundi, soit moins de 24 heures avant l'ouverture prévue des bureaux de vote.

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