Egypte: Vers une réelection de Abdel Fattah Al-Sissi - Comme une lettre à la poste

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Une Urne
analyse

Élection sans suspense en Égypte, pays des Pharaons. En effet, depuis hier, lundi 26 mars, et ce jusqu'à mercredi, les Egyptiens se rendent aux urnes pour une élection présidentielle dont les résultats sont déjà connus de tous.

En effet, le président Al-Sisi, candidat à sa propre succession, a imposé aux 60 millions d'électeurs, les candidats qu'ils doivent voter. Il s'agit de lui-même et de son opposant admirateur, Moussa Mostafa Moussa qu'il a remis en selle après avoir mis hors course ses potentiels challengers. Alors, le président sortant voudrait-il se rassurer de sa réélection à 100% qu'il ne s'y prendrait pas autrement.

En tout cas, personne ne doute que l'heureux élu sera, au terme des trois jours de scrutin, le tombeur de l'islamiste Mohamed Morsi, à commencer par le figurant candidat, Mostafa qui, en toute conscience, a choisi, peut-on dire, de faire le jeu de son « idole » Al-Sissi. Ce dernier peut déjà se frotter les mains en ce sens que le caractère pluraliste du scrutin est bel et bien respecté, parce qu'il aura réussi à se fabriquer un candidat « motard », pour ne pas être candidat unique. La forme était donc au rendez-vous. Toujours dans le même registre, l'Egypte peut se vanter de tenir la présidentielle dans les délais constitutionnels.

Mais tout cela n'est que vernis démocratique. Et, avec la complicité tacite des puissances occidentales comme les Etats-Unis d'Amérique pour qui le pays des Pharaons présente un intérêt « pharaonique », non seulement en raison de sa puissance militaire, mais aussi et surtout à cause du rôle stratégique qu'il tente de jouer dans la stabilisation de «l'Orient compliqué », depuis la signature de l'historique accord de paix israélo-égyptien de Camp David, le 26 mars 1979.

Le seul véritable suspense, c'est le taux de participation

Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que l'Egypte est toujours partie prenante dans l'insoluble conflit israélo-palestinien. Aujourd'hui, si certaines capitales occidentales voient en Al-Sissi, l'homme de la situation à même de démanteler les filières djihadistes qui essaiment quasiment tous les pays d'Afrique à partir de la Libye voisine, et si ce dernier contribue à empêcher le repli ou le retour de l'EI de la Syrie et de l'Irak qui compliquerait davantage la situation socioéconomique et sécuritaire déjà délétère du continent, il y a que le numéro un égyptien a toujours du mal à casser du terroriste, eu égard aux attaques d'Alexandrie et à celle du Sinaï enregistrées en novembre dernier.

En tous les cas, cette présidentielle qui débute aujourd'hui, est tout sauf un rendez-vous démocratique. Si nul ne doute de sa réélection avec un score soviétique qui pourrait atteindre celui d'il y a quatre ans, 96,9%, le seul véritable suspense dans ce scrutin, c'est le taux de participation. On le sait, à la première élection de l'ex-Maréchal, les Egyptiens étaient peu enthousiastes à porter l'ex-Maréchal au pouvoir avec seulement 37% de taux de participation.

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