Egypte: Présidentielle - Abdel Fatah Al-Sissi réélu sans surprise

Photo: Facebook
Le président Abdel Fatah al-Sissi

Le chef de l'Etat égyptien a été reconduit à la tête du pays avec 92% des voix, au terme d'un scrutin dont l'unique et véritable enjeu était le taux de participation, selon les résultats publiés le 29 mars par la presse d'Etat.

Le taux de participation tourne autour de 40%, alors qu'à la présidentielle de 2014, il avait atteint 37% après deux jours de scrutin, puis 47,5% après une prolongation d'une journée. Cette fois, malgré les appels insistant à aller voter et les menaces de sanctions sur les abstentionnistes de la part des autorités, Abdel Fatah Al-Sissi n'atteindra vraisemblablement pas un fort taux de participation, comme lors des trois jours d'élection de son premier mandat.

Abdel Fatah Al-Sissi est réélu loin devant Moussa Mostafa Moussa, inconnu du grand public et partisan affiché du chef de l'Etat, qui a obtenu environ 3% des voix, d'après les mêmes estimations. Les résultats officiels seront proclamés le 2 avril. Le scrutin de trois jours s'est déroulé sans incident notable, sous la protection ostensible des forces de sécurité après un attentat, le 24 mars à Alexandrie (nord), dans lequel deux policiers ont été tués.

Lors d'une conférence de presse, le 28 mars, le porte-parole de l'Autorité nationale des élections, Chérif, avait prévenu que les abstentionnistes seront sanctionnés. « Ce n'est pas quelque chose de nouveau », avait-il insisté, évoquant une loi - non appliquée jusqu'alors - punissant d'une amende de maximum cinq cents livres égyptiennes (vingt-deux euros) « tous ceux qui, sans excuse, ne votent pas ».

Pour certains observateurs, parmi les points ayant présidé à la réélection du président sortant, figure le fait que nombre d'Egyptiens qui le soutiennent estiment qu'il est l'artisan du retour au calme dans le pays, après le chaos ayant suivi la révolution de 2011 et la chute de Hosni Moubarak. Dès le début de son premier mandat, Abdel Fatah al-Sissi - cinquième président égyptien issu des rangs de l'armée depuis la chute de la monarchie en 1952 -, avait promis de ramener la stabilité, y compris le développement économique.

Au plan sécuritaire, l'Egypte a été frappée par de nombreux attentats terroristes depuis 2013, après la destitution par l'armée, alors aux mains d'Abdel Fatah al-Sissi, de l'islamiste Mohamed Morsi, premier président du pays élu démocratiquement, mais vite devenu impopulaire. Pour tenter de ramener la paix sur le territoire national, une vaste opération militaire a été lancée en février, notamment dans le nord du Sinaï, où sévit une branche locale de l'organisation Etat islamique. Cette opération s'est soldée par la mort de plus d'une centaine de djihadistes et d'au moins vingt militaires, selon des chiffres officiels.

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