10 Avril 2018

Burkina Faso: Cour royale du Kamboin-naaba - 5 nouveaux fusiliers intronisés

Intronisé le 7 avril 1992, le Kamboin-naaba Abga II totalise à nos jours plus de deux décennies de règne. Diminué par une maladie qui a nécessité trois interventions chirurgicales, il a placé sur le trône, hier 10 avril 2018, cinq adjoints pour l'aider dans sa mission de garde du palais royal : un Kam Naaba, un Sam Naaba, un Dapoa Naaba, un Taons Naaba et un Sankologo Naaba. Ceux-ci auront pour tâche de le représenter au palais du Moro Naaba et de lui rendre compte.

Intronisation de cinq sous-chefs dans la cour royale de Kamboinsé. Plus d'un d'entre nous a pensé à cette localité située à la lisière de Ouagadougou, sur la route de Pabré. Mais il n'en était rien. Il s'agissait plutôt du quartier contigu à Kamsonghin et Saint-Léon, à quelques encablures du palais du Moro Naaba. Cours d'histoire avec le Kamboin-naaba Abga II : « Le quartier Kamboinsé se trouve à l'est du palais du Moro Naaba.

C'est un quartier de tisserands et de fusiliers. Ici, c'est le grand Kamboinsé. Là-bas, c'est le Kamboin Weogo. C'est nous qui coiffons les deux », nous a-t-il expliqué. Ce sont eux qui font crépiter les fusils, chaque vendredi de la semaine à «panguin»1, au cours du cérémonial du faux départ de Sa Majesté.

A 9 h 47, les prétendants au trône sont invités par le chef d'Ipélcé à se mettre en place. « Ils doivent s'exposer aux rayons du soleil déjà cuisant. Quand vous les regardez est-ce qu'ils semblent être des pauvres ? D'ailleurs un pauvre ne prétend pas au pouvoir », a-t-il dit en guise de plaisanterie.

Après ce trait d'humour, le responsable coutumier s'est dirigé vers le lieu occupé par les promus afin de les conduire à la place léchée par l'astre du jour. Habillés en cotonnade locale, une écharpe accrochée en bandoulière, des bâtons à la main, les cinq futurs sous-chefs se déchaussent et s'asseyent à même le sol. Ils sont présentés aux autres notabilités présentes ainsi qu'à l'assistance.

Le Kamboin Naaba sort et reçoit ses hommages avant de regagner l'intérieur de sa maison. Puis c'est le moment de commencer le rite d'intronisation. Cinq autres personnes rejoignent les prétendants. « On ne postule pas seul pour le trône», nous explique une personne anonyme. Un groupe de chefs est désigné pour servir d'intermédiaire entre les prétendants et les deux chefs coutumiers qui ont pris place. Ils saluent les deux chefs avant de se tourner vers les postulants.

Ils leur parlent presque à l'oreille. Ils reviennent vers les deux dépositaires de la coutume. Ils font cette navette une deuxième fois puis une troisième avant de débarrasser les cinq candidats de leurs écharpes et bâtons. Pendant ce temps, des chefs coutumiers, au nombre de trois ou quatre, se faufilent dans l'assistance tout en répétant « l'argent de la cour royale ».

La foule hurle. Les coups de canon se succèdent. Les youyous se font entendre de part et d'autre. Ce sont les femmes en particulier et le public en général qui célèbrent les nouveaux chefs coutumiers, élevés désormais au rang d'adjoints du Kamboin-naaba II. Ils se prêtent à présent aux conseils de leurs devanciers dans l'univers de la chefferie.

« Il faut respecter vos supérieurs hiérarchiques. Soyez courtois et évitez de vous balader dans les buvettes avec vos bonnets », a recommandé le chef d'Ipélcé. Le processus d'intronisation se poursuit de plus belle avec l'accentuation des coups de canon.

Le Kamboin-naaba s'explique sur les raisons de cette nomination : « Si j'ai demandé cette autorisation d'intronisation de mes adjoints, c'est que j'ai été malade et opéré trois fois. Je me sens faible actuellement du haut de mes 77 ans. Je ne peux plus être opérationnel comme avant. C'est pourquoi je me suis fait seconder.»

Les nouveaux sous-chefs, par la voix de Sam Naaba, ont promis de marcher dans le droit chemin et n'ont pas tari de remerciements à l'endroit de ceux qui les ont couronnés.

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