11 Avril 2018

Centrafrique: Regain de violences dans la capitale

Photo: Photo ONU/Eskinder Debebe
Une patrouille de militaires et de policiers dans le quartier de PK5 à Bangui, en République centrafricaine.

La ville de Bangui, jusque-là relativement épargnée par les exactions des divers groupes armés opérant dans le pays, connaît depuis le début de la semaine une recrudescence de conflits dans lesquels au moins deux personnes ont été tuées dont un Casque bleu et une centaine de blessées.

Le soldat de la force onusienne a notamment été tué, le 10 avril après-midi, dans des affrontements entre une patrouille conjointe des Casques bleus et des forces centrafricaines, et des milices d'autodéfense proclamées dans le quartier musulman du PK5. Le même jour, au moins quarante-six personnes ont été blessées dont certaines sont actuellement prises en charge par Médecins sans frontières et d'autres à l'hôpital de Bangui, a-t-on appris de source médicale.

« Une patrouille des Casques bleus rwandais, appuyée par les forces de sécurité intérieure centrafricaine et les forces armées centrafricaines, s'est fait tirer dessus et a poursuivi les assaillants jusqu'au quartier PK5 », a indiqué une source sécuritaire. « Des civils sont morts (... ). Beaucoup de personnes se sont réfugiées au niveau de la mosquée centrale du PK5 », a confié un habitant.

Selon la mission de l'ONU en République centrafricaine (Minusca), c'est la première fois qu'un Casque bleu a été tué dans la capitale suite aux violences depuis l'arrivée au pouvoir du président Faustin-Archange Touadera, en 2016. Et cela est intervenu alors que depuis plusieurs mois, le PK5, quartier musulman et poumon économique de Bangui, est le théâtre de violences meurtrières.

La population commerçante avait arrêté début 2018 de payer les milices armées pour protester contre ces exactions. Des Casques bleus et des forces de sécurité centrafricaines étaient déployés, le même jour, autour de la prison de Ngaragba, dans le sud de Bangui, puisque des coups de feu étaient entendus au sein de cette prison. Des rumeurs faisaient état d'une tentative d'évasion.

Dans la nuit du 8 au 9 avril, des affrontements avaient eu lieu entre une patrouille composée de Casques bleus et de soldats centrafricains, et un groupe armé alors que la force de l'ONU s'apprêtait à démanteler des groupes armés non loin de la résidence présidentielle. Selon une source sécuritaire, au moins deux personnes avaient été tuées et cinquante-six blessées dont des Casques bleus. Et plusieurs personnes appartenant aux groupes armés du « général Force » ou du feu chef armé « 50/50 » ont été arrêtées.

La force onusienne avait saisi de la drogue ou des minutions après la prise de contrôle des bases de ces groupes, selon le porte-parole de la Minusca, Hervé Verhoosel. Si l'identité des assaillants n'est pas encore connue, il faut signaler que c'est pour la première fois que le centre-ville de Bangui a été touché par des violences depuis l'élection de l'actuel président centrafricain.

Ces dernières violences interviennent alors que le chef des opérations de maintien de la paix des Nations unies, Jean-Pierre Lacroix, et le commissaire pour la Paix et la sécurité de l'Union africaine (UA), Smaïl Cherguil, ont effectué une visite conjointe dans la capitale centrafricaine. « Cette visite est une continuation de ce que font les Nations unies et l'UA aux côtés de ce pays », a indiqué le commissaire pour la Paix et la sécurité de l'organisation panafricaine.

Dans le souci de vouloir rétablir la paix en Centrafrique, l'UA promeut une feuille de route dans laquelle un panel de facilitateurs mène des démarches auprès des personnes impliquées dans la crise. Ce panel a rencontré ces dernières semaines les responsables des groupes armés qui opèrent dans les provinces. Outre la médiation de l'UA, plusieurs autres ont tenté par le passé de ramener la paix en Centrafrique, pays rongé par un conflit meurtrier depuis 2013.

Ces derniers jours, de nombreux groupes armés issus de l'ex-coalition musulmane Séléka ont réagi à l'opération militaire menée au PK5. « Cette situation risque de compromettre le processus de paix de l'Union africaine », a déclaré, dans un communiqué, le groupe armé Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique.

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