11 Avril 2018

Burkina Faso: Le Réseau national de lutte anticorruption (REN-LAC) est inquiet et insatisfait de la volonté politique de lutter contre la corruption

Le Réseau national de lutte anticorruption (REN-LAC) est inquiet et insatisfait de la volonté politique de lutter contre la corruption au Burkina. Il l'a fait savoir au premier responsable du pays au cours de l'audience qu'il a eue avec ce dernier le 27 mars. Le REN-LAC a noté comme un aveu d'impuissance du président dans cette lutte. C'est du moins ce qu'on peut retenir du point de cette rencontre qu'il a fait à la presse le mercredi 11 avril 2018 à Ouagadougou.

« Le temps de la corruption et du vol est terminé », avait dit le président du Faso en décembre 2016. Mais pour le REN-LAC, il n'en est rien. Les « faits montrent cependant que loin d'être terminé, le temps de la corruption et du vol court toujours et avec célérité.

Plus de trois ans après l'Insurrection populaire et deux ans après la résistance victorieuse au putsch, la situation demeure caractérisée par de fortes et légitimes attentes en matière de gouvernance et de lutte contre l'impunité », a lancé d'entrée de jeu le Secrétaire exécutif (S.E.) du REN-LAC aux hommes de médias avant de dépeindre un tableau pas très reluisant de la situation à propos de la corruption : sur le plan judiciaire, le réseau reconnaît un léger bond mais qui n'est pas très perceptible dans le traitement des dossiers de crimes économiques ; sur le plan administratif, rien n'augure de bonnes perspectives pour la lutte contre la corruption puisque le réseau a remarqué que les malversations ne donnent pas systématiquement lieu à des poursuites disciplinaires ni au recouvrement des sommes détournées.

Le poisson Burkina est pourri par la tête ?

Au vu de ce qui précède, le REN-LAC a interpellé le président Kaboré dans son mémorandum sur deux points : « La nécessité d'agir urgemment contre l'impunité et pour le recul de la corruption, condition sine qua non d'un véritable décollage économique, et celle de faire concrètement les réformes institutionnelles et législatives opérées à la faveur de l'historique insurrection, notamment la loi N° 004-2015/CNT du 3 mars 2015, portant prévention et répression de la corruption, et la loi organique sur l'ASCE-LC, la réforme des corps de contrôle », a détaillé le S.E.

Quelles ont été les réactions du président du Faso suite à ces interpellations? Selon le premier responsable de l'organisation, Roch a été en parfait accord avec le REN-LAC. « Sur la question de l'impunité, le président a indiqué qu'il faut que les vérités soient dites à tous les acteurs et que chaque entité joue son rôle», a confié le Dr Claude Wetta. Dans les propos tenus par le président lors de l'audience, le S.E. constate un aveu d'impuissance.

Ce qui pousse les journalistes à se demander si le poisson Burkina est pourri par la tête. « C'est un constat que nous faisons, nous ne pouvons pas dire que le président du Faso ne veut pas lutter contre la corruption. Mais nous pensons que l'exemple doit venir d'en haut. Il faut qu'il s'engage, sinon on a l'impression que le combat contre la corruption est perdu d'avance », a répondu le S.E. du réseau.

Avant de remettre le mémorandum d'interpellation au chef de l'Etat, le REN-LAC l'a invité à agir sur plusieurs points (voir encadré).

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